La ligne de dégénérescence (Partie I)

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Презентация Зиновьевского клуба в Москве - Sputnik France
Le monde occidental traverse aujourd'hui une phase historique de décadence, affirme Iskander Valitov, membre du Club Zinoviev
Club Zinoviev
Club Zinoviev - Sputnik France
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L'éminent penseur russe Alexandre Zinoviev affirmait que la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide étaient en fait les différentes phases d'une "guerre évolutive". L'URSS représentait une ligne d'évolution alternative à celle de l'Occident, que le monde entier cherchait à faire taire. Pourquoi se bat-on aujourd'hui dans le conflit avec l'Ouest? Pour une place digne sur la voie évolutive occidentale, qui semble unique aujourd'hui? Autrement dit, nous voulons suivre la même voie, mais de manière autonome, sans conseils intrusifs et sans intentions de nous "aider" à exploiter nos richesses? Ou le rideau évolutif n'est-il pas encore complètement fermé et nous avons des choses à défendre, hormis notre propre territoire et nos ressources? Quelle est cette ligne et pourquoi avons-nous besoin à nouveau de toutes ces expériences? Il serait probablement temps de se calmer et continuer de marcher dans la même direction que tout le monde, mais de manière autonome et non sous un commandement commun? Ou de se débarrasser enfin de ces ambitions excessives et se mouvoir vers l'ordre commun?

Oleg Nazarov, membre du Club Zinoviev - Sputnik France
Où mène la “politique historique” de l'Occident?
Je voudrais évoquer ces questions dans plusieurs notes. La première chose à aborder est la ligne occidentale elle-même: le sort qu'on nous propose de partager. Je défendrai le point de vue selon lequel le monde occidental traverse aujourd'hui une phase historique de décadence. Le processus historique réel est un entrelacement de nombreuses lignes évolutives. Ces dernières décennies, nous avons été témoins d'un progrès colossal et sans précédent en Occident dans des domaines divers et variés. En parallèle le processus de dégénérescence de la civilisation euro-occidentale prenait de l'ampleur. La ligne de dégénérescence a pris aujourd'hui une telle dynamique et puissance qu'elle a commencé à définir la situation dans les pays impliqués dans ce processus évolutif, c'est-à-dire dans le monde entier. Et cela ne concerne pas les gays, la faible natalité, la prédominance des immigrés et d'autres phénomènes de ce genre. Le processus de dégénérescence s'est emparé de pratiquement toutes les sphères de la vie et de l'activité des pays occidentaux, et de la Russie aussi — dans la mesure où nous nous sommes retrouvés aspirés dans leur monde. En ce sens, pour pouvoir le voir et le montrer j'aurai besoin d'introduire la notion de dégénérescence dans les deux premières colonnes.

On n'a qu'une vie

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Les Russes veulent-ils la guerre?
Bien qu'on s'intéresse au fond du phénomène de dégénérescence dans les systèmes sociaux (humains), je commencerai par le monde animal. Il sera d'autant plus simple d'expliquer ainsi le fond de la dégénérescence, mais dans le même temps il nous faudra dénoncer les aberrations répandues concernant le déterminant biologique d'un individu.

En général, par "dégénéré" on sous-entend un être faible et déficient, incapable de se défendre. En réalité, un dégénéré peut être très fort et agressif. En fait, il est impossible d'établir le fait de dégénérescence en examinant un spécimen isolé. La dégénérescence ne peut être établie qu'en comparant les caractéristiques d'un spécimen concret avec les caractéristiques fonctionnelles nécessaires pour le processus principal dans une population, une espèce, voire la biosphère en général — la reproduction. Ce sont les "intérêts" de survie des spécimens d'un ordre plus élevé, jusqu'à la Vie sur Terre en général, qui définissent comment un animal doit être. Et la dégénérescence est un écart de ces caractéristiques fonctionnelles optimales, qui sont définies non pas par la tâche de survie d'un spécimen, mais par la reproduction d'un super-spécimen, voire d'un méga-spécimen, comme une biosphère.

Il serait correct d'affirmer qu'en réalité il n'y a pas plusieurs vies, il n'y a qu'une vie sur Terre. Un animal est un élément de ce grand système, ce n'est pas un être autonome et on ne peut comprendre ses caractéristiques fonctionnelles qu'en l'étudiant "d'en-haut", à travers les tâches de reproduction de la population, de l'espèce et de la biosphère.

Владимир Лепехин - Sputnik France
"Brzezinski l'imposteur" contre "Poutine le chauvin"
Si les biologistes arrivaient à voir dans l'évolution de la biosphère le processus de déploiement/complication d'un seul méga-programme, de voir la formation d'un "macro-organisme", cela pourrait, d'ailleurs, remédier à de nombreux problèmes posés par notre théorie de l'évolution actuelle. En particulier, au fait que les paléontologues ne trouvent pas de nombreuses formes intermédiaires entre des espèces ayant la même origine. Il s'avère que les plantes et les animaux effectuaient régulièrement des sauts d'évolution: les nouvelles espèces se formaient sans aucune forme intermédiaire. Cela se produit constamment avec des cellules dans l'organisme. Après réception d'un certain signal, la cellule change brusquement le fonctionnement de son appareil génétique, ce qui donne dans le processus d'une nouvelle division des cellules ayant des propriétés complètement différentes. Après plusieurs divisions de ce type l'organisme recevra des cellules qui lui sont nécessaire à un moment précis. C'est probablement ce qui se produit également avec les espèces biologiques: leurs changements n'ont rien d'un hasard, contrairement à ce que pensait Darwin. L'espèce se transforme ou produit une nouvelle espèce-fille en parfaite conformité avec les signaux extérieurs systémiques dirigeants — dans l'"intérêt" d'un commun biosphérique.

Un test, pas une concurrence

C'est un moment crucial que les biologistes n'arrivent toujours pas à comprendre exactement. Ils se cantonnent dans les notions de "lutte pour la survie" et de "concurrence entre les espèces", selon lesquelles certaines espèces se battent constamment et violemment entre elles pour la vie, et que la "sélection naturelle" fait le tri. Mais je pense qu'il y a très peu de combat et de concurrence dans le monde animal. Au contraire, tout est fait pour le minimiser.

V Международная научная конференция Зиновьевские чтения - Sputnik France
En se souvenant d'août 1991
Les animaux qui vivent en meute mesurent leur force ou habileté pour obtenir un rang approprié, et non s'éliminer. La "hiérarchisation" prévient la lutte. En obtenant un rang plus élevé, l'espèce reçoit un accès privilégié à la nourriture et à l'accouplement. En d'autres termes, ce n'est pas une lutte ou une concurrence, mais un test et un rangement, c'est un mécanisme d'identification des espèces dont la survie doit être prioritaire pour l'espèce et la biosphère, et leurs caractéristiques fonctionnelles doivent être reproduites dans la génération suivante.

Le moment crucial est quand le processus de transmission inclut des spécimens répondant au maximum aux "besoins" appropriés des spécimens d'un ordre plus élevé. Le rang correspond à l'intensité des caractéristiques fonctionnelles de l'espèce. Les lièvres ne vivent pas pour fuir les loups, mais pour les nourrir. Leur vitesse doit être telle que les loups puissent, avec un certain effort, les attraper de temps à autre. De la même manière que les meutes de loups ne se concurrencent pas. Elles marquent leur territoire et ne se croisent pas. Je pense qu'il n'existe pas dans le monde animal de phénomène de domination, si par ce terme on entend une soumission pour obtenir des avantages individuels. Le chef d'une meute de loups n'a pas pour but de réprimer ou de subordonner d'autres loups pour avoir le meilleur morceau. Sa fonction consiste à prendre soin de la meute, veiller à ce que tout le monde se comporte conformément à son rang et chasser les dégénérés de la meute, avant tout les spécimens excessivement agressifs qui enfreignent les mécanismes d'une reproduction saine. C'est le chef de la meute qui veille à ce que les louveteaux soient les premiers à manger et puissent se régaler avec le butin.

Uncle Sam - Sputnik France
Guerre froide: deuxième acte
On pourrait citer un autre exemple montrant que le comportement d'un spécimen est orienté vers la survie tant que c'est dans l'intérêt de l'espèce. Chez certains animaux, en particulier les cerfs, le mâle alpha qui perd le tournoi de test meurt d'un infarctus. Quand c'est un spécimen prétendant uniquement à augmenter son rang qui perd, un programme hormonal spécifique démarre pour rétablir le fond émotionnel calme de l'animal et le ramène dans son état de fonctionnement normal. Du point de vue des intérêts de reproduction de l'espèce tout est clair: l'alpha perdant n'est plus nécessaire pour la population, il a accompli sa tâche — il a laissé une descendance et doit disparaître. Alors qu'un jeune prétendant doit avoir l'opportunité de retenter sa chance. L'auto-préservation du spécimen est une forme dans laquelle se réalise le mécanisme de reproduction de l'espèce et de la biosphère.

Tout écart de la tâche de reproduction d'un entier vital est l'essence de la dégénérescence. De nombreuses choses de la nature semblent à nos yeux être une concurrence, une lutte, une domination, etc. comme des processus à première vue contraires aux soins et à la préservation d'un entier. Mais ce n'est que l'apparence de mécanismes dont l'essence est complètement différente. C'est plutôt les cas de lutte, de concurrence et de domination réels qui sont dégénérés.

La reproduction de la biosphère est construite sur d'autres mécanismes: sur la stricte correspondance entre le comportement d'un spécimen isolé et la tâche de reproduction des spécimens d'un ordre plus élevé, l'interaction fonctionnelle des espèces et l'harmonie des relations interspécifiques, l'équilibre des chaînes alimentaires, etc.

Darwin comme idéologue

Dmitri Koulikov,  membre du Club Zinoviev de Rossiya Segodnya - Sputnik France
La fin de la démocratie. Et après?
Si les biologistes avaient réussi à changer leur logique d'analyse et commençaient cette analyse depuis le "sommet" — à partir du processus de reproduction de la biosphère, alors le tableau d'évolution biologique se présenterait très différemment de celui dressé par Charles Darwin. Ce dernier a commis une erreur dans le plus important — l'existence des espèces en tant que certains êtres à part. Or elles n'existent pas de cette manière. Je pense que le tableau moderne de l'évolution de la vie organique est dû au transfert incorrect des notions de la vie des communautés humaines à l'époque du capitalisme dans le domaine de la biologie. Puis, à l'inverse, ces notions prétendument issues du processus d'étude de la nature commencent à servir pour justifier l'égoïsme de l'homme et sa cruauté. Comme si la priorité des intérêts individuels, l'aspiration à dominer, l'attitude concurrentielle envers d'autres gens, la volonté d'améliorer sa situation et de détériorer la situation d'autrui étaient profondément enfouies dans la nature humaine et étaient ses déterminants biologiques insurmontables. C'est faux. Dans la nature, ces formes de conduite sont dégénérées et sont qualifiées d'exception aux processus de transmission du matériel génétique. La popularité et la persistance de la théorie de Darwin s'explique essentiellement par le fait qu'elle est employée de manière secondaire dans la production idéologique pour justifier l'ordre mondial occidental contemporain et masquer sa dégénérescence.

Dans la partie suivante nous évoquerons les particularités du phénomène de dégénérescence dans les unions humaines. A suivre.

 

Iskander Valitov, méthodologue, membre du Club Zinoviev de Rossiya Segodnya

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