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La Catalogne est prête à sortir du tête-à-tête malheureux avec Madrid...

© REUTERS / Paul HannaA pro-Catalan independence flag (C) known as the "Estelada" hangs from a balcony in central Barcelona as Catalonia participates in a symbolic independence vote November 9, 2014.
A pro-Catalan independence flag (C) known as the Estelada hangs from a balcony in central Barcelona as Catalonia participates in a symbolic independence vote November 9, 2014. - Sputnik France
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...pour rentrer dans un tête-à-tête constructif avec Bruxelles

Le spectre d'indépendance hante à nouveau l'Europe. Les Catalans se sont dit prêts à aller jusqu'à la proclamation unilatérale de sécession si le gouvernement de Madrid bloque la campagne de la séparation de la Catalogne du reste de l'Espagne.

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Cette annonce intervient au lendemain de l'opposition farouche du premier ministre espagnol Mariano Rajoy au divorce. Plus tôt, les partisans d'une séparation du reste de l'Espagne de cette riche région de huit millions d'habitants se sont alliés pour présenter une liste lors d'élections régionales, le 27 septembre. La liste sera menée par la Convergence démocratique de Catalogne (CDC) du président de la région Artur Mas et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) dirigé par Oriol Junqueras, ainsi que l'Assemblée nationale catalane et Omnium Cultural. Les partis indépendantistes ont l'intention, d'abord, de gagner les élections du 27 septembre, d'avoir la majorité et ensuite, de mettre en œuvre d'une feuille de route vers l'indépendance, dans les 18 mois. En attendant, ils vont élaborer la Constitution et annoncer des nouvelles élections, en 2017.

Madrid commence à paniquer, a annoncé à la radio Sputnik Jakdi Vera, président de Convergence démocratique de Catalogne (CDC) à Perpignan: « Comme Madrid ne permet pas au Catalans de voter normalement lors d'un référendum où chacun se prononce individuellement, nous avons dû former cette union pour pouvoir voter. Dans un an, quand il y aura la Constitution catalane, nous organiserons des élections avec les partis séparés. Mais comme nous sommes au moment historique important, l'unité nationale se fait pour créer un Etat et le défendre. »

La séparation doit se faire à l'amiable, continue Jakdi Vera. « Quand le premier effet de panique passe, il faut discuter les conditions du divorce, dit-il. Les Catalans sont prêts à payer, à prendre en charge une grosse partie de la dette espagnole. Par contre, s'il n'y a pas de négociations, l'Espagne aura de graves problèmes économiques. Il ne faut pas rajouter à une crise politique une crise sociale et économique. »

Cependant, dans le monde actuel et surtout au sein de l'Union européenne, l'indépendance à 100% n'existe plus. Jakdi Vera ajoute: « Tous les pays sont interdépendants. Le mouvement catalan d'indépendance est profondément européiste, ce point n'a pas changé depuis le temps de Franco. La Catalogne admire les pays comme les Pays-Bas, le Danemark, l'Autriche, la Finlande qui sont des modèles de développement économique et social à suivre. Nous sommes prêts à sortir de ce tête-à-tête malheureux avec Madrid pour rentrer dans un tête-à-tête constructif avec Bruxelles. »

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La réaction de Madrid n'est pas étonnante. Dans cette joute oratoire entre la Catalogne et le reste de l'Espagne, Mariano Rajoy ne cède pas aux indépendantistes et continue, lui aussi, à brandir les armes. La proclamation unilatérale de l'indépendance « serait une attaque frontale aux normes de cohabitation sans précédent dans les pays démocratiques civilisés », a-t-il martelé. Et d'insister: « Que les Catalans soient tranquilles, la souveraineté nationale ne sera pas brisée. Qu'ils soient tranquilles, car il n'y aura pas d'indépendance de la Catalogne ». Le gouvernement peut, par ailleurs, passer des paroles aux actes et recourir à un article de la Constitution débouchant sur une suspension du statut d'autonomie de la région.

Quoi qu'il en soit, l'autodétermination des peuples énoncée dans la Charte des Nations-Unies est un droit privilégié qui coûte extrêmement cher. Prenons l'exemple récent du référendum écossais, le 18 septembre dernier, qui a tellement encouragé les Catalans. Les résultats en furent décevants pour toutes les régions à travers le monde aspirant à l'indépendance: la majorité des électeurs se sont prononcés contre leur séparation d'avec le Royaume-Uni. Et, sur le revers de la médaille, on voit la Crimée qui, après avoir proclamé son indépendance de l'Ukraine, s'est rattachée à la Russie. Les sanctions économiques et les tentatives d'isolement en furent les conséquences. L'Espagne et la Catalogne sont face à un choix difficile.

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