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Allemagne: la vérité est-elle de la haute trahison?

© East News Lefteris PitarakisA journalist, with black tape over the mouth to illustrate the silencing of free speech and journalists
A journalist, with black tape over the mouth to illustrate the silencing of free speech and journalists - Sputnik France
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La justice allemande a ouvert, jeudi 30 juillet, une enquête pour trahison à l'encontre du site d'information Netzpolitik.org, soupçonné d’avoir dévoilé un secret d'Etat a fait savoir le rédacteur en chef du site, Markus Beckedahl.

L'enquête en question fait suite à une plainte du président de l'Office fédéral pour la protection de la Constitution (BfV) Hans-Georg Maassen. M. Maassen accuse le site d'avoir publié des articles le 25 février et le 15 avril ayant pour sources des informations confidentielles sur les activités du BfV. Il s'agit dans ces documents du renforcement de la surveillance des internautes et notamment du contrôle des usagers sur les réseaux sociaux.

Markus Beckedahl a qualifié cette affaire d'une "atteinte à la liberté de la presse". "Je crois qu'il s'agit d'une tentative d'intimider les journalistes", a-t-il confié au site de la chaîne N-24, en précisant que le 31 juillet il a reçu l'avis de lancement de l'enquête. Il est visé par l'enquête avec Andre Meister, journaliste du site et l'un des auteurs des articles qui ont fait scandales et une source anonyme ayant procuré les documents aux journalistes.

Pourtant, le porte-parole de la Fédération des journalistes allemands (DJV), Hendrik Zörner est persuadé qu'il ne s'agit pas d'une haute trahison. Dans son interview pour Sputnik, il souligne qu'il n’était pas nécessaire de faire de gros efforts pour se procurer l'information publiée sur le blogue Netzpolitik.org de plus cette information n'est pas liée à de la trahison.

"Nous estimons que le président de l'Office fédéral pour la protection de la Constitution Hans-Georg Maassen fait tout pour couper court à tout commentaire critique à l'égard de son ministère et veille à ce que uniquement une information officiellement approuvée par les autorités soit publiée. Ce qui se passe actuellement rentre très bien dans ce schéma", a-t-il expliqué.

Il conseille à ses collègues de ne pas paniquer et surtout de continuer à travailler pour rendre possible la liberté d’expression. "Il peuvent rester calmes, aucun des juristes n'a dit que le procureur fédéral avait des chances de gagner cette affaire".

Le procureur fédéral allemand, Harald Range, quant à lui, a annoncé au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung qu’il suspendait les investigations "eu regard au bien précieux que constituent la liberté de la presse et la liberté d’expression". "Les investigations sont en suspend jusqu’à la réception d’une expertise" devant déterminer si l'information dévoilée relève du "secret d’Etat", a indiqué le magistrat.

M. Zörner a rappelé que c'était la première fois depuis "l’affaire du Spiegel" de 1962, emblématique pour la liberté de la presse en Allemagne, que des journalistes risquent d’être poursuivis pour trahison en Allemagne. Il a remarqué qu'ils avaient porté plainte car cette accusation est une atteinte à la liberté d'expression.

Même si, selon les juristes, la procédure n’a pas vraiment de chances d’aboutir, l’ouverture d’une telle enquête par le fédéral allemand, sans même avoir vérifié si le chef d’accusation constitue un délit ou non, met en évidence la "chasse aux journalistes" ambiante. La liberté d'expression et le pluralisme constituent une vraie menace pour certaines autorités occidentales et les médias resteront un outil de manipulation tant qu'on pourra faire le tri de l'information "utile" et "en disgrâce" au profit des gens hauts placés.


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