Les pays arabes vont créer leur propre alliance militaire

© East News Ahmed GomaaSommet de la Ligue arabe. Archive photo
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Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Ligue arabe signeront aujourd'hui au Caire un protocole sur la formation de forces armées conjointes.

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Selon certaines sources, un système alternatif de sécurité et de lutte contre le terrorisme serait également en cours de création dans la région dans le cadre duquel les monarques arabes pourraient unir leurs forces avec l'Iran. Ces projets concurrents reflètent la division des membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

La réunion spéciale du Caire permettra d'entériner les décisions du 26e sommet de la Ligue arabe prises le 29 mars à Charm el-Cheikh. L'initiative en question avait été suggérée par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi après la décapitation de 21 chrétiens coptes (en majorité des Égyptiens) par l'État islamique en février. Deux réunions des chefs d'état-major des pays arabes se sont tenues depuis (le 4 avril en Arabie saoudite et le 21 avril en Égypte), qui ont débouché sur un protocole fixant la forme, le cadre juridique et la composition de la future armée. Ce document a été soumis à l'examen collectif des pays membres de la Ligue arabe.

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Alexandre Ignatenko, président de l'Institut russe de religion et de politique, estime que la signature du protocole est avant tout, voire uniquement un coup médiatique visant à montrer l'unité des pays arabes, car à l'étape actuelle il n'est concrètement pas possible de former des forces armées arabes conjointes. En cause: l'absence d'unité militaro-politique au sein de la Ligue arabe avec en premier lieu les divergences entre les membres du CCG, divisé en deux camps (Arabie saoudite, Bahreïn et Koweït d'une part, Qatar, Émirats arabes unis et Oman de l'autre).

On ignore encore la composition exacte de ces forces armées arabes conjointes. L'agence RIA Novosti, se référant au journal égyptien Al-Fadjr, rapporte que les forces armées arabes compteront 40 000 hommes, 1 000 pilotes et 3 000 marins avec un QG au Caire.

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Le principal sponsor du projet sera l'Arabie saoudite, et l'armée sera également commandée par un Saoudien. Alexandre Ignatenko considère Riyad comme la force dirigeante et financière de la Ligue arabe, et estime que la création de troupes militaires arabes conjointes entraînera une "saoudisation" de la Ligue.

L'expert rappelle que le prince héritier d'Abou Dhabi, Mohammed Al-Nahyane, a rencontré mardi à Moscou le président russe Vladimir Poutine. Selon les sources arabes, ils ont évoqué la formation d'un système de sécurité et de lutte contre le terrorisme dans le Golfe avec la participation de certains membres du CCG et de l'Iran. L'Arabie saoudite s'y oppose formellement. "Ainsi, par la signature d'un protocole sur la formation d'une armée arabe commune Riyad souhaite probablement torpiller le projet alternatif, qui serait intéressant pour les Émirats arabes unis et d'autres pays du Conseil de coopération du Golfe, à en croire les sources arabes", suppose l'expert.

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Ce dernier relève que, selon les Saoudiens, les Américains se réorientent vers l'Iran dans leur recherche d'alliés stratégiques dans la région, ce qui nourrit une certaine jalousie à Riyad. "L'armée commune pourrait être créée, d'une part pour contrarier l'Iran qui gagne progressivement du poids dans la région, et d'autre part pour contrarier les USA. Mais les Américains sont parfaitement au courant des divergences entre les États arabes et ne devraient pas être particulièrement préoccupés. D'autant qu'ils peuvent toujours compter sur le groupe Qatar-EAU-Oman, qui penche davantage du côté de Washington que l'Arabie saoudite", conclut Alexandre Ignatenko. 

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