Blocage du port du Calais: son président dénonce "l'impunité" des marins

Le président du port de Calais (Pas-de-Calais), Jean-Marc Puissesseau, a protesté lundi contre "l'impunité" dont bénéficient selon lui les marins qui ont bloqué le port de Calais dimanche soir et une partie de la nuit suivante, empêchant au moins 6.000 personnes de traverser la Manche.

"Ils sont impunis", s'est plaint M. Puissesseau interrogé par l'AFP à propos de l'action du Syndicat maritime nord (SMN) dirigé par Eric Vercoutre. "Depuis deux mois, le port est pris en otage par 30 personnes", a-t-il dit.

La compagnie britannique P&O a parlé de "6.000 personnes embarquées bloquées sur (ses) ferries" dimanche soir, avant que la préfecture du Pas-de-Calais ne cède aux exigences du SMN, entraînant un retour progressif à la normale.

Monté à bord de deux chaloupes, un petit groupe (entre 15 et 25 personnes) de marins de la Scop Seafrance, en liquidation judiciaire, avaient empêché pendant six heures, jusqu'à 1H30 lundi, l'entrée et la sortie du port de Calais.

Ils exigeaient de pouvoir débarquer des navires qu'ils occupent depuis des semaines, le Rodin et le Berlioz, du matériel appartenant selon eux à la Scop Sea France, ce qui nécessitait la mise en place de rampes sur les quais.

L'entreprise étant en liquidation judiciaire, une autorisation judiciaire était en principe nécessaire. Selon une source portuaire qui a voulu rester anonyme, "la préfecture du Pas-de-Calais a donné un ordre écrit" pour débarquer le matériel, et la police n'était pas sur les lieux pour éviter "des provocations".

Les syndicalistes du SMN ont ainsi mis la main sur du matériel des cafétérias et des équipements de sport ainsi que sur tous les téléviseurs, qui ont été chargés dans une camionnette, a affirmé cette source.

Interrogée, la capitainerie du port s'est refusée à dire si le déchargement était toujours en cours en début d'après-midi.

Parlant des autorités politiques et de M. Vercoutre (exclu de la CFDT en 2012), M. Puissesseau a eu cette phrase: "On l'a remercié d'avoir débloqué le port, j'en suis sur le cul!".

Selon le président du port, "la plaisanterie a assez duré". Il a fait part de son "dépit" et de son "découragement" et a regretté que Manuel Valls, en visite dans la ville lundi, n'ait "pas pris soin de (le) rencontrer".

Un projet d'accord prévoit que 407 des 487 salariés de la Scop Seafrance pourraient être reclassés. Une réunion à ce sujet se tenait lundi à Paris avec les principaux acteurs.

 

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