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Le conflit en Afrique de l’ouest menace la sécurité du continent

© REUTERS / Joe PenneySituation à Ouagadougou, Burkina Faso, Septembre 20, 2015.
Situation à Ouagadougou, Burkina Faso, Septembre 20, 2015. - Sputnik France
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Les putschistes du Burkina Faso ont libéré hier le premier ministre Isaac Zida, pris en otage.

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Pour leur part, les troupes loyalistes ont pu entrer dans la capitale Ouagadougou sans rencontrer de résistance. La crise, qui a éclaté la semaine dernière, menace la stabilité de la région.

Le Burkina Faso, État d'Afrique occidentale sans accès à la mer, fait désormais la une des informations en provenance d'Afrique. Le 16 septembre, la garde présidentielle a pris en otage le président par intérim du Burkina Faso Michel Kafando, qu'elle était censée protéger, le premier ministre Zida et plusieurs autres membres du gouvernement. Le lendemain, les dirigeants de la junte ont annoncé que le président était renversé et que le gouvernement provisoire suspendait son travail. La majeure partie de la population ne s'est pas réjouie du coup d'État et est descendue dans la rue.

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Les affrontements entre les rebelles et les habitants opposés au coup d'État ont fait au moins 10 morts et plus de 100 blessés. Néanmoins, les putschistes ont rapidement fait marche-arrière. Ils ont d'abord laissé s'échapper le président Kafando, qui s'est réfugié dans la maison de l'ambassadeur de France. Puis c'est le premier ministre Zida qui a rejoint sa résidence après sa libération.

Les troupes fidèles au président sont entrées sans rencontrer de résistance à Ouagadougou. L'organisateur du coup d'État et chef du Conseil national pour la démocratie, le général Gilbert Diendéré, a soudainement eu des remords et s'est adressé à la nation. Il a présenté ses excuses à ses compatriotes en expliquant qu'il voulait seulement éviter l'effusion de sang. Le général s'est dit prêt à se remettre aux autorités sous certaines conditions. Il a qualifié la situation, susceptible de dégénérer en chaos et en guerre civile, de "difficile".

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Diendéré a déclaré que le pouvoir serait transféré au gouvernement civil "conformément à l'accord sur la sortie de crise sous l'égide de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao)". Le président sénégalais Macky Sall et le président béninois Boni Yayi se sont rendus à Ouagadougou pour réconcilier les parties. Ils ont préparé un plan de règlement politique du conflit, qui implique le retour de Kafando au poste présidentiel, une amnistie pour les rebelles, et la possibilité, pour les partisans de l'ex-président Compaoré, d'avancer leurs candidatures à la prochaine élection.

Le président français François Hollande a soutenu les initiatives de la Cédéao, appelant tous les responsables de la crise dans cette ancienne colonie à déposer les armes. Le Conseil de sécurité des Nations unies a qualifié les actions de la garde présidentielle de "prise anticonstitutionnelle du pouvoir". Sur ce fond, les troupes gouvernementales ont laissé hier trois heures aux rebelles pour déposer les armes. 

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