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La Belgique "fournit énormément de djihadistes"

© Wikipedia / Oakenchips Palais de la Nation, Bruxelles, Belgique
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Lors d'une interview accordée à Sputnik, le directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques s'est exprimé au sujet du djihadisme actif actuel.

La Belgique n’a pas eu une politique antiterroriste particulière ce qui explique le fait que plusieurs terroristes impliqués dans les attaques du 13 novembre dernier à Paris y avaient leurs bases arrière, a déclaré à Sputnik le directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) François-Bernard Huyghe.

"Le gouvernement belge n’a pas eu une politique antiterroriste particulière; c’est un pays disons de modération, il n’y a pas eu beaucoup d’arrestations, ni de politique contre les mosquées dans ce pays très divers. (…). La Belgique est un pays où […] l’Etat n’est pas extrêmement fort" qui donc n'a pas de "politique de répression du terrorisme très nette", a indiqué M.Huyghe.

"Proportionnellement à sa population la Belgique fournit énormément de djihadistes. Et ce fameux quartier de Bruxelles qu'on décrit un peu comme tenu par les djihadistes où au moins ils s'afficheraient presque ouvertement. Et par ailleurs on voit qu'il y a des djihadistes qui circulaient beaucoup en Belgique (…). Il y a le fait que évidemment en dépit de la législation européenne c'est plus commode pour un djihadiste d'avoir ses activités ou ses bases arrière en Belgique avant d'agir en France. Enfin en Belgique apparemment c'est un des centres où on trouve plus facilement des armes de guerre, c'est un rôle de carrefour et tous ces éléments-là font que beaucoup de pistes se retrouvaient du côté de la Belgique", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les raisons de développement du djihadisme et l'éventuelle influence des ONG wahhabites financées par l'Arabie saoudite sur ce phénomène, M.Hyughe a reconnu que "certains groupes privés, certaines ONG wahhabites, proches de l’Arabie saoudite, situés en Arabie saoudite, encouragent fortement la diffusion du wahhabisme et du salafisme, qui sont le terreau du djihadisme actif".

Toutefois, "il n'y a pas que l’Arabie saoudite, c’est vrai dans une certaine mesure pour le Qatar, je pense qu’il serait quand même peut-être temps de s’interroger sérieusement sur ses liens", a noté M.Huyghe.

 

Cependant, le directeur de recherches de l'IRIS estime qu'il y a "ce problème effectivement des fameuses mosquées dures, extrémistes, où on tient un discours très anti-occidental, des appels à la guerre sainte, certaines sont effectivement financées par l’Arabie saoudite".

Selon lui, "tous les wahhabites, ne sont pas des djihadistes et tous les wahhabites ne tuent pas des gens à la kalachnikov, mais si vous prenez en sens inverse, tous les mouvements djihadistes actifs armés se réclament du wahhabisme ou du salafisme".

En parlant de la politique antiterroriste, il a déploré la réticence de la France.

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"Le problème c’est que, en France en tout cas, on est très soucieux de ne pas faire trop de peine à Riyad et à l’Etat saoudien qui est un très gros investisseur en France et un très gros acheteur de nos matériaux", a conclu M.Huyghe.

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