Marc Ferro: l'Europe est aveugle, nos ennemis ce ne sont pas les Russes

© Sputnik . Mikhail Voskresensky / Aller dans la banque de photosCrimée: Sébastopol et Simféropol fêtent la tenue du référendum
Crimée: Sébastopol et Simféropol fêtent la tenue du référendum - Sputnik France
L'historien français Marc Ferro estime que l'Europe n'a pas de raisons de considérer la Russie comme une ennemie.

Invité d'Europe 1 à l'occasion de la sortie de son livre "L'aveuglement — une autre histoire de notre monde", il a déclaré que l'Occident n'avait pas le droit de reprocher à Vladimir Poutine "l'annexion de la Crimée", qui n'avait jamais appartenu initialement à l'Ukraine. La Crimée lui a été offerte pour occulter qu'une bonne partie des Ukrainiens, surtout ceux de l'Ouest, étaient favorables aux nazis. D'autant plus qu'ayant élargi l'Otan à l'Est jusqu'à la frontière de la Russie, l'Occident a manqué à sa parole.

Dans son entretien à Europe 1, Marc Ferro a défendu la position de Moscou eu égard à la Crimée. Selon lui, c'était au fond un acte justifié, même si on peut reprocher à Poutine la façon dont la péninsule a été rattachée à la Russie.

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Avons-nous le droit de le juger, étant donné que les trois quarts de la population en Crimée sont des Russes et que la Crimée est devenue ukrainienne parce que Khrouchtchev avait diligenté l'affaire après la guerre? A ces interrogations faites à lui-même, l'historien répond que pendant la Seconde guerre mondiale, de nombreux Ukrainiens ont collaboré avec les nazis, ont tué nombre de Juifs, et pour dissimuler ce fait les autorités soviétiques ont décidé de récompenser les autres Ukrainiens, ceux qui n'avaient pas collaboré avec les Allemands, pour leur héroïsme, en leur offrant la Crimée et des terres à l'est de l'Ukraine qui ne lui avaient jamais appartenu.

Cependant, la Russie ne représente aucune menace pour l'Occident. Selon l'historien, l'Europe est aveugle parce qu'elle ne voit pas qui est son ennemi véritable.

"Notre ennemi, en ce moment, ce sont ceux qui tuent nos soldats au Mali, en Syrie. Ce sont ceux qui font des attentats en France. Ce ne sont pas les Russes", estime Marc Ferro.

 

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