Face à l’Ukraine, le ras-le-bol des Occidentaux

© Sputnik . Evgeny Kotenko / Aller dans la banque de photosUkraine's Supreme Rada (Parliament) in session
Ukraine's Supreme Rada (Parliament) in session - Sputnik France
Washington se dit déçu par l’incapacité du nouveau gouvernement ukrainien de lutter efficacement contre la corruption dans le pays. Ces remarques agacent visiblement Kiev, qui regrette d’être traité comme une "république bananière", rapporte le quotidien américain Wall Street Journal (WSJ).

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D'après la plupart des Ukrainiens, la révolution du Maïdan (du nom d'une place située au centre de Kiev où se sont déroulées des manifestations de masse fin 2013) n'a pas abouti à la création d'un Etat de droit sur des bases solides en Ukraine. Elle n'a pas non plus permis, poursuit le journal, de chasser les voleurs aux plus hauts échelons du pouvoir, ce dont témoigne un récent sondage selon lequel 95% des citoyens ukrainiens estiment que le gouvernement ne s'occupe pas des problèmes de fond ayant provoqué le coup d'Etat du 22 février 2014.

La Rada (parlement ukrainien, ndlr) manquant à ses promesses de "jeter tous les bandits en prison", les alliés occidentaux de Kiev, qui ont soutenu bec et ongles l'installation d'un nouveau gouvernement dans le pays, sont visiblement déçus, souligne le WSJ.

Tandis que l'Union européenne, poursuit le quotidien, introduit des sanctions contre certains députés de l'ancien gouvernement ukrainien, Kiev s'abstient de les poursuivre en justice, si bien que les mesures en question sont susceptibles d'être levées au printemps prochain, ont déploré des représentants de l'UE.

"Une fois les sanctions levées, personne ne va en introduire de nouvelles. Nombreux sont ceux (députés européens, ndlr) qui en ont déjà ras-le-bol", a confié au journal un haut fonctionnaire occidental sous couvert d'anonymat.

Toujours est-il que le gouvernement au pouvoir, notamment le premier ministre Arseni Iatseniouk, fait de nouveau l'objet d'accusations de corruption. Les faits reprochés sont d'autant plus graves qu'ils impliquent le procureur général Viktor Chokine, dont la nomination a été signée par le président ukrainien en personne.

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Il n'est pas rare, écrit le journal, que la position adoptée par des diplomates occidentaux se heurte à une résistance inflexible de la part du gouvernement ukrainien. A titre d'exemple, l'ambassadeur américain à Kiev, Jeffrey Pyatt, a déploré à plusieurs reprises l'incapacité du Parquet général ukrainien de mener à bien des réformes anticorruption, ce qui a été très mal accueilli par Kiev.

"Comment peut-il avancer de tels propos? Nous ne sommes pas une république bananière où n'importe qui peut dire tout ce qui lui vient à l'esprit", a à cette occasion déclaré un fonctionnaire ukrainien cité par M. Pyatt.

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