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L'Occident est-il condamné à vendre des armes à l'Arabie saoudite?

© AP Photo / Amr NabilMilitaires saoudiens
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Une tendance préoccupante au sein de l'Occident consiste à assouvir le désir persistant de l'Arabie saoudite de mettre la main sur toujours plus d'armes. Qui sera le premier à lui dire "non"? L'analyste Jean-Vincent Brisset est en quête de réponse dans un entretien exclusif accordé à Sputnik.
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Les 47 exécutions de ce début d'année, gravées à jamais dans la conscience saoudienne, attisent la polémique autour de multiples questions épineuses, parmi lesquelles la vente d'armes. Mais, si la Suisse, à titre d'exemple, arrête définitivement ses ventes au Royaume, d'autres pays européens ne sont pas si fermes dans leurs décisions.

Quelques chiffres. En cinq ans, Londres a vendu des armes à Riyad pour presque 8 milliards d'euros. Dans le courant de 2015, Berlin aura de son côté fourni à Riyad tout un arsenal de blindés, de navires de patrouille, de systèmes de ravitaillement en vol et de drones. Tout ceci pour la bagatelle de 178 millions d'euros.

"Dans la mesure où l'Arabie saoudite a déjà acheté du matériel allemand et qu'il y a un certain nombre de matériels qui nécessite un suivi, donc l'Allemagne ne va pas arrêter tout, même si elle en arrête un certain nombre et elle est plus visible. De la même manière, la Suisse a arrêté d'une façon encore plus nette ses ventes à l'Arabie saoudite", estime Jean-Vincent Brisset, spécialiste des questions de défense et de relations internationales.

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En Belgique, alors que la région wallonne alimente les Saoudiens en armes, la partie flamande du pays ne cesse de le lui reprocher. Dans le contexte politique actuel, les exportations d'armes vers l'Arabie saoudite devraient être remises en cause, confie le ministre-président flamand Geert Bourgeois.

Toutefois, l'interlocuteur de Sputnik doute fort que Bruxelles réagisse en tant que capitale européenne.

"Tant qu'il n'y a pas d'embargo, tout le monde fait ce qu'il veut", explique M. Brisset.

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Pour autant, même quand il y a un embargo, certains pays se débrouillent toujours pour le contourner, poursuit-il, citant l'exemple de la Chine.

Par ailleurs, la France est elle aussi concernée, l'Arabie saoudite étant son premier partenaire commercial dans la région avec des échanges s'élevant à environ 10 milliards d'euros.

Il est certain que d'un côté, vis-à-vis de l'opinion publique, arrêter de vendre des armes à l'Arabie saoudite est presque indispensable dans la mesure où l'Arabie saoudite est de plus en plus désignée comme fauteur de troubles, selon M. Brisset.

Mais, de l'autre côté, il est difficile d'arrêter de vendre, en particulier pour la France qui est engagée non seulement directement vis-à-vis de l'Arabie saoudite, mais surtout par l'intermédiaire des clients qui ont acheté avec des fonds fournis par l'Arabie saoudite.

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"Je pense à l'Egypte, mais je pense aussi au Liban", précise l'interlocuteur de Sputnik.

Le Canada n'envisage pas non plus l'annulation du plus grand contrat de livraison d'armes dans l'histoire du pays et attend avec impatience le versement de 15 milliards de dollars de la part de Riyad. Mais cette décision passera-t-elle inaperçue pour le peuple canadien?

"L'opinion publique canadienne est très divisée sur les ventes et les achats d'armes et pas seulement à l'Arabie saoudite", indique l'analyste.

Donc, là aussi, il va y avoir un débat public, et il est certain que l'importance des contrats canadiens est telle que ça pose de plus en plus de problème de les annuler.

Quoi qu'il en soit, reste toujours à voir si l'Occident se décidera vraiment à renoncer aux milliards provenant de la vente d'armes, et si Riyad restera solvable et pourra payer ces milliards lorsque le prix du pétrole aura atteint son plus bas plancher.

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