Le patrimoine archéologique, victime collatérale du printemps arabe?

L’archéologue américaine Sarah Parcak, connue pour ses méthodes novatrices, estime que la contrebande qui sévit au Proche-Orient et en Afrique du Nord risque de réduire à néant les sites historiques de la région.

L'historienne émérite Sarah Parcak, écrit la revue Antiquity, fait partie des fondateurs de la nouvelle branche de l'archéologie — l'archéologie aérienne — qui recourt à l'imagerie satellite afin d'identifier les sites historiques depuis l'espace. En partenariat avec son mari, le Dr Greg Mumford, elle supervise des projets d'étude et de fouilles dans le Fayoum, le Sinaï et le delta oriental du Nil.

En comparant des images satellites du delta et de la vallée du Nil prises entre 2002 et 2013, Mme Parcak a notamment tiré la conclusion que l'instabilité politique et économique au Proche-Orient et en Afrique du Nord avait favorisé l'essor de l'"archéologie noire", en substance un pillage de grande envergure du patrimoine culturel.

Après avoir étudié les images de plus de 1100 sites historiques de l'Égypte, son équipe a pu constater que les fouilles clandestines avaient atteint leur premier point culminant entre 2009 et 2013 suite à la crise économique et le deuxième entre 2011 et 2013, ce qui tient sans doute des révolutions du Printemps arabe. Ainsi, le nombre de sites ravagés a augmenté presque de moitié entre 2009 et 2013.

Selon Mme Parcak, si le pillage des sites historiques du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord se poursuit au rythme actuel, ce patrimoine culturel sera anéanti d'ici à 2040.

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