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Le premier ministre belge accuse Ankara de chantage

© AFP 2021 Thierry CharlierLe premier ministre belge Charles Michel
Le premier ministre belge Charles Michel - Sputnik France
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Commentant les négociations en cours entre l'Union européenne et la Turquie sur la résolution de la crise migratoire, le premier ministre belge Charles Michel a accusé Ankara de chantage.

Le chef du gouvernement belge Charles Michel a accusé Ankara de chantage, en commentant les négociations en cours entre l'Union européenne et la Turquie sur la résolution de la crise des migrants en Europe, rapporte la presse internationale. 

Turkish Prime Minister Ahmet Davutoglu (L) and German Chancellor Angela Merkel chat during their meeting in Istanbul, Turkey - Sputnik France
Turquie: adhésion à l'UE en échange de l'accueil des migrants?

"Je préfère pas d’accord du tout qu’un mauvais accord. (…)  Il n’est pas question de brader nos valeurs. La Turquie demande beaucoup, et je n’accepte pas une négociation qui ressemble parfois à une forme de chantage", a martelé M.Michel à son arrivée au sommet UE-Turquie.  

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 Etats membres de l’Union européenne se sont une nouvelle fois réunis à Bruxelles pour tenter de se mettre d’accord, entre eux jeudi, puis avec le premier ministre turc Ahmet Davutoglu vendredi, sur un plan pour gérer la crise migratoire.

Les contours de l’accord sur lequel se pencheront les dirigeants européens ont été dessinés lors d’un sommet UE-Turquie la semaine dernière. 

Angela Merkel et Wolfgang Schaeuble - Sputnik France
Berlin doute de la nécessité d'une adhésion de la Turquie à l'UE

M.Davutoglu s’est engagé, au nom de son pays, à reprendre les réfugiés arrivés de manière irrégulière sur les îles grecques, en échange de plusieurs contreparties, dont une libéralisation des visas et l’ouverture de nouveaux chapitres dans le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE.

Ankara réclame aussi une aide financière deux fois plus importante que prévu, soit 6 milliards d'euros au lieu de 3. 
Les négociations risquent de s'avérer difficiles, d'autant plus que le président chypriote, Nicos Anastasiades, a prévenu qu’il pourrait y avoir un accord "seulement si la Turquie remplit ses obligations dans le cadre du protocole d’Ankara", signé en 2005 et prévoyant notamment la reconnaissance de Chypre. 

Le premier ministre britannique David Cameron a indiqué pour sa part que son pays, qui ne fait pas partie de l'espace Schengen, pratiquait sa propre politique migratoire et n'accepterait pas un régime sans visas avec la Turquie, même si l'Union européenne prenait une telle décision.  

La crise migratoire a éclaté en Europe en 2015. Les réfugiés traversent la mer Egée, en quête d'une vie meilleure. L'année dernière, plus d'un million de migrants ont débarqué en Europe, y compris 850.000 personnes qui ont emprunté l'itinéraire menant à la Grèce, via la Turquie. Cette année, la vague migratoire pourrait doubler, selon les Nations unies, voire tripler, selon l'Union européenne.

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