Visite explosive d'élus de la mairie du 18e sur le camps de Pajol

© SputnikSur le parvis gentrifié de la hall Pajol, le dernier campement de fortune de quelques trois cents migrants
Sur le parvis gentrifié de la hall Pajol, le dernier campement de fortune de quelques trois cents migrants - Sputnik Afrique
C'est dans une ambiance électrique que les élus de la mairie du 18ème arrondissement de Paris ont été accueillis sur le nouveau camps de migrants de la hall Pajol, formé il y a une semaine.

Le triste spectacle des tentes vertes continuent dans le quartier nord de la capitale: deux semaines après le démantèlement du campement des jardins d'Eole, et une semaine après celui du campement situé sous le métro aérien de la Chapelle, c'est désormais sur le parvis de la hall Pajol qu'environ trois cent migrants ont élu domicile, faute de solution.

 

Les élus de la mairie du 18ème arrondissement étaient attendus, et leurs propositions aussi. Venus pour "une visite de chantier", les élus se sont déplacés pour voir "comment ça se passe, comment ça s'organise". La visite a tourné court, face à des bénévoles à bout de patience. Loïc Lorenzini, élu écologiste du 18e arrondissement, déplore au sujet de cet énième camps une "déficience d'action des responsables politiques, qu'ils soient de l'Etat ou de la ville de Paris. Déficience d'une réponse publique à une situation qui n'est pas admissible".

Un manque d'action que les bénévoles ne pouvaient que constater: excédés de voir leurs demandes passées à la trappe, ils eux même installé un point d'eau directement sur le trottoir. En effet, pour trois cent personnes, seul un point d'eau était disponible, situé dans un parc, donc fermé la nuit. Pour l'élu écologiste, " les compétence de la mairie ne suffisent plus: il faut aller sur les compétences de l'État. La difficulté, c'est que l'Etat ne fait pas son job, fait tout reposer sur nous et nous on a pas les moyens de faire ce que l'Etat devrait faire". Tout en admettant que l'eau portable est un "droit humain non négociable", et que ne pas agir a ce niveau-là ne pouvait que rendre la situation plus tendue.

Des rumeurs circulaient sur le démantèlement du camps le lendemain, vendredi matin. L'élu n'a pas confirmé et comme "il n'y a pas d'évacuation le samedi et le dimanche, on risque de passer le weekend dans ces conditions-là". Le camps de fortune de la hall Pajol accueille 300 migrants, dont une famille, venus majoritairement d'Érythrée et du Soudan. Si les camps se reforment systématiquement après chaque démantèlement, c'est parce que la prise en charge est quasi "inexistante", selon les bénévoles et militants qui suivent et encadrent les migrants de campement en campement. En témoigne Mustapha, passé du jardin d'Eole à un gymnase, puis du 115 conduit à "la bordure espagnole". Sur place, "des français m'ont dit qu'il n'y avait rien de prévu pour mes démarches, et que c'était mieux de revenir à Paris". Depuis un an, plusieurs campements se sont succédé à la hall Pajol: "des campements ici, dans des situations aussi explosives, il faut arrêter", confie un élu de la mairie, qui a " "bon espoir qu'au 1er septembre, enfin, on aura un endroit où quelqu'un qui est primo-arrivant pourra aller taper et dire 'ici il y a des structures et je suis accueilli". 

 

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