Eglise Sainte-Rita: les CRS expulsent les fidèles à coup de gaz lacrymogène

© Wikipedia / CeletteExtérieur de l'église Sainte-Rita de Paris.
Extérieur de l'église Sainte-Rita de Paris. - Sputnik France
Les projets de démolition de l'Eglise Sainte-Rita de Paris émeuvent profondément sa communauté spirituelle, la troisième messe de ce matin s'étant terminée à coup de gaz lacrymogène. Malgré cela, l'abbé Guillaume de Tanouarn, qui officiait ce matin, reste convaincu que l'église sera sauvée.
A person holds a banner picturing Sainte-Rita as other stand in front of barriers blocking the access to the sainte-Rita church in Paris with an inscription on it which translates as In France, priests are killed and churchs are demolished, on August 3, 2016 - Sputnik France
À Paris, l'église Sainte-Rita évacuée malgré la résistance des fidèles

A 6h45 ce matin (heure locale), l'Eglise Sainte-Rita dans le 15ème arrondissement de Paris a été vidée de ses fidèles. Et ce "sans incidents", selon la préfecture de police. Sputnik a contacté l'abbé Guillaume de Tanouarn, un de ses fervents défenseurs qui célébrait la messe au moment de l'irruption des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) pour lever le voile sur l'affaire.

Petit rappel contextuel: depuis octobre 2015, les défenseurs de l'église y avaient élu domicile pour empêcher sa démolition. C'est l'association cultuelle des chapelles catholiques et apostoliques, propriétaire des lieux, qui a demandé à ce qu'elle soit détruite. La décision a suscité une vive grogne.

Ce matin, la communauté de l'église savait bien que les CRS entendaient y faire une descente et était déterminée à s'y opposer spirituellement.

"Nous avons été là pour les accueillir, de façon à ce que la profanation de cette église ne soit pas un acte purement administratif opéré par des CRS venus évacuer les quelques zadistes présents et en finir avec l'église. Nous avons voulu que cet acte ait une portée humaine et spirituelle", a déclaré l'abbé.

C'est pour cela que 70 membres de la communauté ont passé la nuit sur place, devenant une centaine le matin à l'aube, rejointe par un député, Frédéric Lefèvre et quelques conseillers municipaux. Le but était de montrer que la communauté de l'église était "très vivante" et "ne veut pas mourir".

"On peut détruire une église mais on ne peut pas forcément détruire une communauté spirituelle. C'est ce témoignage qui a été porté au cours des trois messes ce matin. La troisième messe a été finie au gaz, si j'ose dire (…) ils ont beaucoup insisté sur le gaz lacrymogène. J'ai fini par donner le signal d'un repli dans l'ordre, en demandant que personne ne soit inquiété pour ce témoignage spirituel, chacun a pu repartir chez soi et non dans le panier à salade".

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Les fidèles avaient organisé une défense passive, avec des sacs de gravats pour empêcher que les portes ne s'ouvrent trop facilement, ils ont également utilisé les bancs de l'église…

"Nous avons fait ce que nous avons pu pour retarder la prise de possession de l'église par les CRS, mais encore une fois de manière passive", a raconté l'abbé de Tanouarn.

C'est la première qu'il ne peut aller au bout d'une messe. Du coup, il a dû consommer rapidement les espèces eucharistiques car le gaz impitoyable s'épaississait rapidement. Et portant, il est persuadé que l'Eglise Sainte-Rita sera sauvée.

"Je suis convaincu que nous sauverons cette église: on ne peut pas détruire un chef d'œuvre néo-gothique", a-t-il fustigé. En signe de fidélité à l'église, il a passé la nuit dans la tribune dont les arches néo-gothiques lui sont si chères.

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