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France – Libye : poignée de main pré-électorale entre Hollande et al-Sarraj à l’Élysée

© AFP 2021 Stephane de Sakutin Hollande et al-Sarraj à l’Élysée
Hollande et al-Sarraj à l’Élysée - Sputnik France
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Le jour même où le Premier ministre libyen arrive à Paris tombent les révélations sur l’éventuel financement par Kadhafi de la campagne de Sarkozy en 2007. Cela va-t-il troubler Fayez al-Sarraj, qui vient chercher le soutien de Paris cinq ans après l’intervention militaire franco-britannique ?

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Assiste-t-on à un revirement de la politique française en Libye? La visite de Fayez al-Sarraj, Premier ministre de ce pays en proie au chaos depuis l'intervention franco-britannique de 2011 le laisse penser. Bien sûr, rien de très original dans la déclaration de François Hollande quand il indique que « l'intérêt de la communauté internationale c'est d'avoir une Libye stable ». Pourtant, la visite de Fayez al-Sarraj donne désormais à la France plus de poids dans le processus de stabilisation du pays, qui a donc été déstabilisée par la France elle-même il y a cinq ans. Mais c'est du passé. Kader Abderrahim, chercheur à l'IRIS et maître de conférences à Sciences Po, auteur du livre « Daech, Histoire, enjeux et pratiques de l'État islamique », estime que cette visite est à double tranchant:

« La France est aujourd'hui présente en Libye sur le terrain, elle apporte un soutien militaire au général Haftar. Elle apporte aussi un soutien diplomatique au gouvernement d'union nationale, donc il n'est pas anormal que le Premier ministre d'union nationale, M. Fayez el-Sarraj, vienne à Paris pour tenter de trouver les moyens d'une coopération, mais ce qui est anormal c'est de savoir si le gouvernement français ne joue pas double jeu et s'il soutient un peu le gouvernement de M. el-Sarraj comme la corde soutient le pendu. Donc il y a une ambiguïté qui va falloir lever très vite et peut-être M. el-Sarraj demandera de lever cette ambiguïté et des explications sur le double jeu de la France en Libye. »

​Les révélations signées Mediapart concernant Nicolas Sarkozy et sa campagne présidentielle de 2007 qui aurait été financée par le président Kadhafi rajoutent un petit goût amer à cette envie de stabiliser le pays qui ne s'en sort pas depuis cinq ans. Mais le fait que cette visite ait lieu à six mois de la présidentielle en France ne doit rien au hasard, car Hollande rentre dans la course, explique Kader Abderrahim:

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« Pour la France, pour François Hollande, qui est clairement aujourd'hui en campagne, c'est important de montrer qu'il a un statut international, c'est important de montrer que la France joue son rôle, tient sa place et de faire taire un peu ses adversaires sur son incapacité de donner à la France encore un rôle dans le concert des nations et dans le monde. Je pense que ce n'est pas sans arrière-pensées politiciennes, bien sûr, alors qu'on est déjà en campagne électorale. »

​« Une Libye stable » est dans l'intérêt de toutes les nations, certes, même si cette révélation est venue avec la naissance de Daech et d'autres groupes et groupuscules terroristes dans ce pays. La France veut confier à Fayez al-Sarraj un rôle compliqué — réunir l'est et l'Ouest du pays et constituer une armée libyenne réunissant, sous sa responsabilité, les principales forces en présence, dont celles du maréchal Haftar. D'après Kader Abderrahim, c'est mission impossible d'un côté et de l'autre la France elle-même est assise entre deux chaises:

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« Il ne faut pas rêver, il n'y aura pas de rapprochement aujourd'hui entre l'Est ou l'Ouest. Qui plus est, le maréchal Haftar qui est soutenu militairement et sur le plan logistique, diplomatique et politique par l'Egypte a des intérêts qui ne sont pas nécessairement aujourd'hui ceux des Occidentaux. […] On [la France] fait double jeu, ce jeu des relations internationales, on ménage la chèvre et le chou, on sait jamais ce qui peut se produire, on sait pas ce qui va émerger, ce qui va sortir de cette guerre. Il n'est pas du tout certain que le gouvernement de M. el-Sarraj qui a été très fragilisé ces derniers mois puisse continuer, puisse survivre. Il y a des cellules dormantes de Daech à Tripoli dans la capitale. Il peut y avoir une reprise des combats dans la capitale ce qui mettrait par terre les tentatives du gouvernement de M. el-Sarraj ».

La mémoire diplomatique est courte si les intérêts des acteurs et les circonstances l'exigent. Une Libye stable grâce à la France, c'est assez curieux, mais qui sait, le changement est peut-être pour maintenant…

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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