Le Front national sur France Télévisions : droit ou devoir?

Florian Philippot a répondu aux accusations portées par le directeur de l’information de France Télévisions, Michel Field. Selon lui, le parti frontiste refuse systématiquement les invitations à des émissions politiques par « stratégie », détournant les règles sur l’équité du temps de parole du CSA.

Les refus successifs de représentants du Front national de participer aux émissions politiques de France Télévisions passent mal à la direction du groupe. Jeudi dernier, lors d'une intervention devant les médias à Paris, le patron de l'information de France Télévisions a fait savoir qu'il alerterait le CSA sur l'attitude du FN. Pour lui, il s'agit ni plus ni moins d'une « stratégie » médiatique.

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« C'est un parti qui fait extrêmement bien de la politique: le FN a repéré les failles du dispositif du CSA » a déclaré Michel Field devant les journalistes. Pour lui, le FN refuserait « systématiquement les invitations consommatrices de temps de parole » […] « Ainsi, quand en janvier, au moment où doit se faire l'équilibre, il aura un temps de parole considérable. »
Pour le responsable de France Télévisions, la stratégie du FN consisterait à faire profiter à ses représentants d'un maximum de temps de présence sur les plateaux, le tout à un moment politiquement porteur, peu avant le début de la campagne officielle et la remise à zéro des compteurs du gendarme de l'audiovisuel.

Des accusations qui ont fait réagir le vice-président du Front national. Mardi, dans Le Figaro, Florian Philippot a déclaré:
« Le Front n'a aucune stratégie de se réserver des temps de parole à un moment ou à un autre. C'est le droit de Marine Le Pen de maîtriser les moments de son exposition sans être obligée de commenter systématiquement les différentes hypothèses des primaires. »

Pour le Front national, la situation est claire: Marine Le Pen n'entend pas se joindre à la mêlée politico-médiatique de la campagne avant la fin des primaires de ses adversaires. Bref, si le Front national n'a pas de stratégie, selon, son vice-président, il a tout de même quelques idées arrêtées sur la manière de s'exposer médiatiquement.

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Quant à la source de cette passe d'armes, elle semble remonter à fin octobre, lorsque Marion Maréchal Le Pen avait décliné l'invitation à l'Émission politique prévue le 10 novembre. Un refus de la benjamine de l'Assemblée nationale, en grande partie due aux pressions de sa tante. Marine Le Pen avait d'ailleurs elle-même refusé une invitation à l'émission politique phare de France 2, laquelle a déjà vu défiler Bruno le Maire, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy ou encore Arnaud Montebourg.

« Marion Maréchal Le Pen privée de télévision par sa tante » titrait le 27 octobre, non sans une certaine ironie, le Figaro. Une ligne qui n'a pas manqué d'être reprise par une grande partie de la presse qui trouvait une certaine ironie à ce qu'un parti se plaignant habituellement qu'on ne lui accorde pas assez la parole refuse des invitations plateau.
Pourtant, si ni Marine ni Marion Maréchal Le Pen n'étaient présentes sur le plateau de l'Émission politique du 10 novembre, qui avait été chamboulée en « numéro spécial » pour cause d'imprévu majeur aux élections américaines, Florian Philippot était bel et bien présent, aux côtés de Ségolène Royal et Dominique de Villepin. La veille, toujours sur France 2, Marine Le Pen était l'invitée de la grand-messe du 20 h.

En tout état de cause, si accorder une couverture médiatique aux représentants politiques est un devoir pour les journalistes, est-ce pour autant une obligation pour ces mêmes politiques d'y répondre favorablement? 

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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