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Mossoul: la fragile souveraineté de l’Irak en jeu

© AFP 2021 Odd ANDERSEN An Iraqi woman fleeing the fighting touches her country's national flag mounted on a security forces vehicle as she reaches an area held by Iraqi Special Forces 2nd division in the Samah neighbourhood of Mosul on November 15, 2016.
An Iraqi woman fleeing the fighting touches her country's national flag mounted on a security forces vehicle as she reaches an area held by Iraqi Special Forces 2nd division in the Samah neighbourhood of Mosul on November 15, 2016. - Sputnik France
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Jeudi 29 décembre, l’armée irakienne lance sa deuxième offensive contre Daech à Mossoul. L’avenir de l’Irak se joue dans cette ville où a été proclamé le califat deux ans plus tôt.

Annoncée en grande pompe, cette deuxième offensive doit permettre de libérer les quartiers de la partie occidentale de la ville, où l'armée se heurte à une résistance féroce du groupe terroriste. Les forces vont venir du sud, éventuellement de l'ouest, explique Hosham Dawod, chercheur au CNRS et spécialiste de l'Irak: « Maintenant, ils veulent s'acheminer vers le noyau dur, la partie occidentale. La stratégie militaire change, la force se replace, elle va être multipliée. Les attaques surviendront de partout ». Mais si cette nouvelle offensive s'accompagne d'une nouvelle tactique, il est évident que « Daech va résister d'une manière certaine ».

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L'armée irakienne est aidée, conseillée et soutenue par la coalition internationale, mais d'autres forces sont en jeu, pour la reprise de la ville de Mossoul. Dans cette région ethniquement mixte mais à majorité sunnite, les Peshmergas sont positionnés au nord et à l'est. Les milices chiites, alliées des forces irakiennes, sont à l'ouest et au sud et comptent environ 140 000 hommes « mieux équipés et entraînés que l'Armée irakienne », note le général Jean-Bernard Pinatel. Daech est encerclé à Mossoul, mais « on ne peut pas crier victoire dès maintenant », poursuit Hosham Dawod.

La première offensive, lancée en septembre, a été lente et douloureuse. Elle a certes permis de reprendre plusieurs quartiers de l'est de Mossoul, mais au prix de lourdes pertes. Selon l'Onu, 2 000 membres ont été tués en novembre, incluant policiers au combat, combattants kurdes, forces gouvernementales et milices chiites. L'élimination de l'organisation terroriste à Mossoul dans les trois mois, comme l'estime le premier ministre irakien, semble peu probable:

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« L'armée irakienne avançait très lentement. C'est une armée convalescente, avec beaucoup de déboires jusqu'à maintenant. Elle a des forces spéciales qui se trouvent positionnées à l'intérieur de la ville. La guerre est très délicate, très coûteuse. Il y a beaucoup de victimes, beaucoup de morts, parmi les forces irakiennes aussi. Il faut presque y aller au couteau, rue par rue, maison par maison. Ce qui fait que depuis deux mois, ils ont libéré à peine 30 à 35 % de la partie essentiellement orientale de la ville ».

En novembre dernier, les députés chiites, alliés des kurdes, ont voté la loi de « Mobilisation populaire » qui officialise les milices chiites, passant outre l'opposition des députés sunnites. En 2014, les habitants avaient applaudi l'arrivée de l'organisation extrémiste sunnite, qui a su profiter d'une certaine « politique de vengeance » installée depuis 2003. Face à l'horreur imposée par Daech, certains ont changé d'avis et sont entrés en résistance, mais tout n'est pas gagné: « Disons qu'il y a infiniment plus de gens contre Daesh aujourd'hui, qu'il y a deux ans. Mais il y a des doutes sur l'impartialité de la force irakienne. Il y a des doutes par rapports à la position politique de Bagdad. Il y a des gens qui attendent. Quel type de réponse va être apportée? ».

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Dans cette ville que les terroristes ont conquis sans résistance de la part d'une armée qui essaie aujourd'hui de l'en libérer, l'armée irakienne veut donner l'exemple qu'ils sont non seulement dans une position de reconquête militaire, mais aussi d'une reconquête politique: « Tous échos qu'on reçoit jusqu'à aujourd'hui venant de Mossoul sur l'image de l'armée irakienne régulière, y compris de la force spéciale irakienne, est plutôt positive. Les gens attendent la libération, disons, majoritairement. Daech est sur la défensive. C'est vrai, tout cela dépend de la réponse politique qui sera apportée après la libération de la ville ».

La réponse politique, envers une population qui se sent mise à l'écart ou marginalisée, sera déterminante dans « l'après Mossoul ». Depuis le début de l'offensive, 115 000 habitants ont été déplacés et un million d'autres seraient « hors de portée de l'aide humanitaire », selon l'Onu.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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