Ils protestent contre le décret Trump mais ont soutenu le bombardement des pays musulmans

© REUTERS / Rebecca CookProtestations aux Etats-Unis
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Le décret antiterroriste signé vendredi par Donald Trump, interdisant d'entrée des ressortissants de sept pays musulmans a provoqué des réactions indignées à travers le monde de politiciens, de célébrités et de gens ordinaires. Où étaient-ils quand Obama bombardait ces-même pays? De l’hypocrisie exemplaire, explique Seth Frantzman, à Sputnik.

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Samedi et dimanche, l’administration Trump a dû défendre le décret « Sur la protection de la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux États-Unis », signé par le président vendredi. Le décret interdit d'entrée dans le pays les réfugiés de sept États, sauf les réfugiés syriens sous conditions, pour 120 jours.

Les militants pour les droits de l’homme ont vivement protesté mais 57 % des Américains sont favorables à ce document. Cependant, ces fervents opposants ne sont pas que des Américains, mais aussi des Européens, des dirigeants ou des gens de la société civile qui accusent M. Trump de « briser de manière insupportable un tabou » et de « saper les valeurs fondamentales ». Barack Obama lui-même a encouragé la mobilisation contre le décret.

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Mais parmi les sept pays dont les citoyens sont temporairement interdits d’entrer aux États-Unis, l'administration Obama en a bombardé cinq: la Syrie, l'Irak, le Yémen, la Libye et la Somalie.

Alors que Donald Trump souhaite protéger son pays en interdisant à certains musulmans l’entrée, l’administration Obama tuait des gens et renversait les dirigeants élus pour imposer la démocratie.

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De surcroit, Seth Frantzman, journaliste et commentateur de la situation au Proche-Orient a rappelé que c’est bien un document de l'administration Obama qui avait servi de base au décret de Trump.

« Ils s'appuyaient sur une vieille liste de "pays à risques" qui a été créée effectivement sous l'administration Obama. Ils ont simplement rendu les choses beaucoup plus dures pour les gens de ces pays. »

Dans le même temps, l'analyste a souligné que « c'est ce que Donald Trump affirmait vouloir faire durant sa campagne électorale, et il a mis à part la Syrie, ayant suspendu l'accueil de réfugiés syriens pour une durée indéterminée. Pour six autres pays, il a essentiellement imposé un moratoire de 90 jours ».

« La raison pour laquelle l'Arabie saoudite ou la Turquie ne sont pas sur la liste est que l'Arabie saoudite ne faisait pas partie de cette liste des "pays à risques", et je pense que cela montre à quel point cela a été introduit précipitamment… En signant le décret, l’administration (de Trump, ndlr) faisait référence à cette ancienne loi. »

Interrogé sur l'attaque de John McCain et Lindsey Graham contre Trump au sujet du décret antiterroriste, y compris la suggestion que l'ordre exécutif pourrait conduire à une « radicalisation », le journaliste a expliqué qu’il s’agit de l’« hypocrisie ambiante ». Sous l'administration Obama, ils préféraient accueillir les réfugiés syriens, mais ils en ont accepté qu'environ 1 %, soit entre 20 000 et 30 000 personnes par an, alors que l'Europe a ouvert ses portes à 500 000 ou 800 000 réfugiés syriens. »

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En effet, rappelle-t-il, jusqu'en 2015, seuls environ 1 800 réfugiés syriens ont été accueillis aux États-Unis, même si la guerre en Syrie faisait déjà rage depuis plus de quatre ans.

Tous ces réfugiés ont été victimes des groupes terroristes, rappelle l’expert. « Quel est le rôle des États-Unis dans des pays comme le Yémen et la Libye? », s’exclame Seth Frantzman.

Samedi matin, le sénateur démocrate Charles Schumer était apparu très ému à la télévision au moment de dénoncer « l'anti-américanisme » du décret antiterroriste jusqu’à pousser des larmes… que Donald Trump a vite qualifié de « larmes factices ».

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Comme le demande le quotidien Information Liberation, « Charles Schumer, a-t-il versé une larme pour les 62 soldats syriens tués et 100 autres blessés que l'administration Obama a "accidentellement bombardé" en 2016 ou pour 350 civils tués seulement à Mossoul? ».

Les démocrates enragés, ont-ils inondé les rues alors que les législateurs pleuraient le bombardement des hôpitaux de Médecins sans frontières (MSF) au Yémen par la coalition saoudienne qui a reçu des milliards d'armes de l'administration du lauréat du prix Nobel de la paix?

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