Le sort de Julian Assange suspendu à la présidentielle en Équateur

Si le second tour de la présidentielle équatorienne était remporté par le candidat de l'opposition, le fondateur de WikiLeaks Julian Assange réfugié depuis plusieurs années dans l'enceinte de l'ambassade de l’Équateur à Londres pourrait être extradé en Suède puis aux États-Unis.

Après le dépouillement d'environ 80% des bulletins, Lenin Moreno, le représentant de l'Alliance Pays actuellement au pouvoir, était en tête du scrutin avec 38,87% des voix. Sa candidature avait été avancée par le chef du parti socialiste au pouvoir et président sortant du pays, Rafael Correa, qui ne pouvait pas se représenter pour un troisième mandat conformément à la Constitution du pays. Le candidat du mouvement d'opposition CREO-SUMA Guillermo Lasso, banquier connu pour ses opinions pro-américaines, arrive deuxième avec 28,5% des suffrages.

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Le système électoral de l'Équateur est conçu de telle manière que le candidat à la présidence ne doit pas obligatoirement obtenir plus de la moitié des voix: il suffit de recueillir 40% des suffrages à condition que le second candidat affichera un retard d'au moins 10% des voix.

Selon la majorité des experts, si le candidat des socialistes au pouvoir ne gagnait pas au premier tour, il serait confronté à de sérieux problèmes au second. Huit candidats participent à l'élection, dont sept représentent d'une manière ou d'une autre des forces modérées ou radicales d'opposition qui pourraient s'unir et appeler leurs partisans à voter pour Guillermo Lasso au second tour.

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Ce dernier a déjà laissé entendre qu'il exigerait que Julian Assange quitte l'ambassade de l'Équateur à Londres dans un délai de 30 jours s'il était élu. Toutefois, indiquent les analystes, Lasso pourrait perdre la confiance de la plupart des pays latino-américains où il n'est pas bien vu de faire de tels "cadeaux". Qui plus est si ce cadeau est destiné aux États-Unis. Le fait est qu'une telle décision serait contraire aux normes du droit international en vigueur en Amérique latine. D'après la Convention de la Havane de 1928 et de la Convention de Caracas de 1954, les personnes bénéficiant d'un asile diplomatique sur le continent ne peuvent pas être extradés dans un pays tiers.

Rappelons qu'Assange est poursuivi en Suède pour une affaire de harcèlement sexuel qu'il qualifie "d'entièrement fabriquée". Il pourrait surtout être jugé pour divulgation d'informations confidentielles aux USA, où le Code pénal prévoit dans ce cas une longue peine de prison, voire la peine capitale en cas de circonstances aggravantes.

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