Les «avertissements chinois» sur l'ABM font enfin effet

Le leader de la fraction parlementaire d'opposition Toburo (Ensemble) U San Ho a appelé jeudi à renoncer au déploiement de l'ABM américain tant que le pays n'obtiendrait pas l'accord de la Russie et de la Chine.

Le député a expliqué que le déploiement de l'ABM ne serait possible « que s'il ne portait pas atteinte aux relations de Séoul avec ses voisins ». « Nous devons être très prudents sur ce sujet complexe. La Chine exerce une sérieuse pression économique », a-t-il déclaré.

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Moscou a qualifié l'installation du système américain THAAD en Corée du Sud de « nouveau défi pour la Russie » et de tentative de "l'encercler à l'ouest et à l'est". La Chine est encore plus préoccupée, qui estime que la puissance du THAAD est excessive pour simplement réfréner la Corée du Nord et que son véritable objectif consiste à espionner le nord-est de la Chine grâce à un puissant radar. « Nous ne permettrons pas de porter atteinte à nos intérêts en matière de sécurité nationale », a déclaré le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères Hong Lei.

De plus, les politiciens de Séoul ont été influencés par les sanctions de la Chine qui a limité le commerce avec son voisin, a annulé toutes les tournées de célébrités et bloqué la retransmission de tous les films en Corée du Sud. « La Chine est le principal partenaire économique de la Corée du Sud. Les restrictions commerciales touchent avant tout aux produits de consommation pour les jeunes. Les Chinois ont également restreint la présence sur leur territoire de compagnies coréennes, par exemple Lotte group. Le ministère sud-coréen de la Défense a reconnu que la tension montait également dans son secteur: la coopération militaire entre les deux pays a pratiquement cessé. C'est Lotte qui avait mis à disposition le territoire pour le déploiement du THAAD en Corée du Sud et aujourd'hui, la moitié des supermarchés de ce réseau a déjà fermé en Chine sous différents prétextes.

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La course aux armements, ce n’est pas la Russie qui la déclenche
Le politologue Park No-Ja explique que, d'après les sondages, la plupart des Sud-coréens considèrent déjà ce système de sanctions comme une menace à l'économie car jusqu'à 30 % des échanges du pays sont réalisés avec la Chine (y compris Taïwan et Hong Kong). « Du point de vue du capital monopolistique sud-coréen, la rupture avec la Chine équivaut à la mort. Il sera impossible de couvrir de telles pertes à court terme », affirme-t-il.

La situation autour des radars américains en Corée du Sud rappelle celle de l'installation de radars américains en Pologne: les États-Unis ont l'intention de déployer un dispositif en Pologne pour espionner la Russie, tandis que leur radar en Corée du Sud est destiné à espionner la Chine. Mais la peur de provoquer la colère de la Chine en Corée du Sud a été manifestement bien plus grande que celle d'énerver la Russie en Pologne.

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