Législatives, les Algériens désabusés

© AFP 2022 Stringer An Algerian man casts his vote at a polling station in the town of Blida, 45 kilometres (30 miles) southwest of Algiers, on May 4, 2017 during parliamentary elections.
An Algerian man casts his vote at a polling station in the town of Blida, 45 kilometres (30 miles) southwest of Algiers, on May 4, 2017 during parliamentary elections. - Sputnik Afrique
12 000 candidats, 63 partis politiques et 23 millions d’électeurs : les algériens sont appelés à renouveler leurs députés. Un scrutin qui navigue entre abstention et risque de fraude, qu’analyse pour Sputnik Ouamar Saoudi, directeur de campagne du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie.

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« Si ces élections sont encore vulgairement truquées comme les autres, ça fait peur », déclare Ouamar Saoudi, l'anxieux, mais persévérant directeur de campagne du parti « Rassemblement pour la Culture et la Démocratie ». L'enjeu premier, ce n'est pas l'abstention, même si elle est croissante ces dernières années, c'est la fraude, déjà constatée à l'ouverture du scrutin:

« Beaucoup de partis d'opposition se sont armés pour éviter la fraude. C'est le premier enjeu, pour qu'un tant soit peu les voix ne soient pas volées par le parti au pouvoir ».

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Un risque qui pèse lourd sur le moral des votants. Jeudi 4 mai, les Algériens sont appelés à renouveler leurs députés: près de 12 000 candidats, 63 partis politiques et 23 millions d'électeurs, une élection législative record. C'est le quatrième scrutin législatif depuis celui de 1997, qui avait débouché sur l'élection de la première assemblée pluraliste. Un pluralisme « de façade » déplore Ouamar Saoudi:

« Les citoyens se sont rendu compte que toutes les promesses qui ont été faites depuis 1997 sont restées des promesses de campagne. Ajouté à cela, en pleine campagne électorale, le gouvernement sort ce qu'il appelle la "nouvelle politique économique", pour diversifier l'économie… ils n'attendent même pas que les citoyens s'expriment! C'est une façon de dire: votez ou ne votez pas, c'est strictement la même chose. »

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Le gouvernement avait-il peur de l'abstention… ou du débat? Le ministère de la Communication a donné instruction à tous les médias de priver les boycotteurs de parole. Le « Rassemblement pour la Culture et la Démocratie » avait demandé à ce que les médias publics « ouvrent les débats sur les programmes, au moins 4 à 5 mois avant l'élection ». En vain. Mais le contrôle est allé plus loin encore, selon Ouamar Saoudi, pointant une « spécificité algérienne »:

« Les médias audiovisuels privés n'ont pas d'agrément, ils ont des autorisations. En dehors de chaînes publiques, aucune chaîne n'a d'agrément. Donc les autorités ont différé les agréments pour l'après-élection… bien évidemment, c'est une façon de dire "Vous voulez être agrées? Vous savez ce que vous devez faire". »

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Ce scrutin est probablement le dernier de l'ère Abdelaziz Bouteflika, 80 ans, qui fêtera le 28 avril ses dix-huit ans à la tête de l'État. L'Assemblée est actuellement formée d'une majorité constituée du FLN et du RND, une configuration qu'il sera difficile de dévisser, selon Ouamar Saoudi, qui espère plus de transparence et de mobilisation pour l'élection présidentielle de 2019:

« Il ne faut pas se faire d'illusion, le FNL aura la majorité, par le bourrage ou simplement par l'annonce des résultats. Mais si déjà aujourd'hui, des signaux montrent qu'il y a eu moins de fraudes, cela peut relancer le débat dans la société, pour dire qu'il est possible de se saisir des élections de 2019 pour voter et imposer un changement. »

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