Russie dans l'Otan: Washington n'était pas prêt à partager le gâteau

© Sputnik . Vladimir Rodionov / Aller dans la banque de photosVladimir Putin and Bill Clinton
Vladimir Putin and Bill Clinton - Sputnik France
Si la Russie avait adhéré à l'Otan, cela aurait eu pour conséquence la naissance d'un nouveau centre d'influence au sein de l'Otan, estime dans un commentaire à Sputnik le politologue Fedor Loukianov, soulignant que l'Occident n'y était pas prêt.

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Poutine: il n'y a que des vassaux US au sein de l'Otan
La proposition faite par Vladimir Poutine à l'ex-Président américain Bill Clinton et portant sur une éventuelle adhésion de la Russie à l'Otan sous-entendait un changement drastique au sein de l'Alliance et l'octroi d'un statut spécial à Moscou. Or, Washington n'était pas prêt à cela, estime le président du Conseil de politique étrangère et de défense et rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs.

Samedi, l'édition Politico a publié un extrait d'un entretien accordé par Vladimir Poutine au réalisateur Oliver Stone pour la chaîne Showtime, au cours duquel le Président russe précise que lors d'une des dernières rencontres avec l'ex-Président des États-Unis Bill Clinton, il avait évoqué la possibilité pour la Russie d'adhérer à l'Otan. Selon le dirigeant russe, M. Clinton avait alors répondu qu'il n'était pas contre. Pourtant, comme le note Vladimir Poutine, ceci a suscité une grande nervosité au sein de la délégation.

« Vladimir Poutine ne s'est pas seulement adressé à Clinton, mais aussi — si je ne me trompe pas — à George Robertson, secrétaire général de l'Otan à l'époque, auquel il a répété qu'en principe, cette option n'était pas exclue », a déclaré M. Loukianov dans un entretien à Sputnik.

Le président russe Vladimir Poutine en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg 2017 (SPIEF) - Sputnik France
Quand Poutine proposait à Bill Clinton de considérer la candidature russe à l’Otan
Selon lui, l'adhésion de la Russie à l'Alliance aurait sous-entendu l'« émergence d'un nouveau centre d'influence au sein de l'Otan, comparable aux États-Unis ». « Il ne peut en être autrement. La Russie ne se serait sans doute pas pliée à la discipline du bloc au même titre que les autres. Ceci aurait changé la nature même de l'Alliance et personne [en Occident, ndlr] n'y était prêt », estime l'expert.

D'après Fedor Loukianov, le Président russe comprenait que la réaction de Bill Clinton serait au moins évasive. « Voyez-vous, toute la logique qui a été mise en place à l'issue de la "guerre froide" se fondait sur l'imposition de l'Otan sur tout ce qui est autour pour ne pas subir de changement, et l'adhésion de la Russie au sein de l'Alliance aurait impérativement provoqué des changements drastiques. L'Alliance n'y était pas prête », a expliqué M. Loukianov.

« Je pense que Poutine le comprenait bien, mais il a fait cette proposition pour fixer la position : "Nous sommes prêts à négocier, mais vous, vous ne le voulez pas" », a poursuivi l'expert, ajoutant que d'après lui la proposition avancée par le Président russe traduisait « des intentions très sérieuses ».

« Cette proposition était appelée à démontrer l'empressement de la Russie d'aller assez loin dans l'établissement des relations qualitativement nouvelles ». Mais les États-Unis n'ont pas répondu par la réciprocité, a conclu l'expert.

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