L'Allemagne ne fait plus confiance aux Etats-Unis

© Sputnik . Aleksej Druzhinin / Aller dans la banque de photosBundesaußenminister Sigmar Gabriel beim Treffen mit Wladimir Putin in Sankt-Petersburg
Bundesaußenminister Sigmar Gabriel beim Treffen mit Wladimir Putin in Sankt-Petersburg - Sputnik France
L'opinion publique allemande subit des changements notables.

Cela se reflète sur les relations transatlantiques, les affaires européennes et la politique nationale allemande. Des représentants allemands éminents ont participé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Le gouvernement fédéral était représenté par le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel et par le premier ministre de la Bavière Horst Seehofer. Par tradition, ils ont été reçus par le président russe Vladimir Poutine. Ils ont évoqué les problèmes internationaux d'actualité. La soirée informelle dans la résidence de Poutine avec la participation de Gabriel, de l'ex-chancelier Gerhardt Schröder et de plusieurs responsables économiques a attiré l'attention de la presse allemande.

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Il est trop tôt pour parler d'une reprise dans les relations entre les deux pays, mais le forum de Saint-Pétersbourg a mis en évidence que toutes les prémisses de certains changements existaient déjà. Ainsi, l'interview de l'ambassadeur d'Allemagne en Russie Rüdiger von Fritsch était intitulée: "Nous surmonterons les obstacles ensemble". Selon les dernières estimations, les échanges germano-russes ont augmenté de 43% au cours des premiers mois de l'année. Le contact politique et d'affaires à Saint-Pétersbourg n'a pas attiré les foudres de la presse allemande, comme auparavant.

La presse a d'autres chats à fouetter. L'Allemagne est complètement agitée par la décision du président américain Donald Trump de quitter l'accord de Paris sur le climat. L'intervention de la chancelière allemande Angela Merkel à Munich n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. Après les récents sommets de l'Otan et du G7 elle a annoncé que l'époque quand les Allemands pouvaient compter sur les autres (faisant allusion aux USA) était révolue. La réunion s'est tenue en présence de Seehofer symbolisant ainsi l'alliance préélectorale du bloc CDU/CSU.

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On ignore comment cela se réalisera sur le plan politique et en pratique. Alors qu'il existe déjà un impact direct sur l'opinion politique et publique, ainsi que sur la situation préélectorale. Commençons par le baromètre politique du groupe de recherche de Mannheim Wahlen (Elections).

Son étude sur l'Amérique est pour le peu surprenante. Seulement 29% des Allemands interrogés qualifient les relations entre l'Allemagne et les USA de bonnes. Alors qu'en octobre 2016 82% des Allemands étaient de cet avis. En outre, 68% trouvent aujourd'hui les relations bilatérales germano-américaines, ce qui n'était encore jamais constaté par le sondage. Trump en prend également pour son grade: 69% ne voient pas en lui un partenaire fiable en matière de sécurité en Europe. Et ils sont encore plus nombreux (79%) à craindre que sa politique puisse compliquer la coopération internationale sur le climat, le terrorisme et la migration. Enfin, la majorité (61%) évalue la situation économique et politique dans le monde comme très alarmante.

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La situation politique nationale bouge elle aussi. Le SPD de Martin Schulz perd de son poids politique depuis trois semaines consécutives, selon le baromètre politique de Mannheim. Si les législatives se déroulaient dimanche dernier, le pronostic donne 39% des voix au bloc CDU/CSU, mais seulement 25% au SPD au lieu de 31% il y a un mois et demi.

Il reste moins de trois mois avant le vote du 24 septembre, et le SPD et son leader disent avoir encode des idées et des propositions pour les électeurs.

Les différents camps allemands, y compris les plus conservateurs de CDU, soupçonnent Merkel d'incohérence, car elle souligne que le partenariat avec les USA et l'Otan est immuable. La sortie de Washington de l'accord de Paris a été arrogante pour Berlin, alors que la confirmation de ses objectifs était à l'ordre du jour du sommet du G20 en juillet à Hambourg. Si l'événement de Hambourg échouait, les partis adverses chercheraient forcément à en user pendant la campagne électorale.

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Pour l'instant la popularité de Merkel s'élève à 39% contre 31% pour Martin Schulz. Il est encore difficile de concurrencer la chancelière avec des thèses populaires sur le manque de fiabilité de l'allié américain et le propre sort des Européens.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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