Comment réhabiliter les enfants éduqués par Daech?

© AFP 2022 Haidar Mohammed AliAu moins 20.000 enfants bloqués à Fallouja en Irak
Au moins 20.000 enfants bloqués à Fallouja en Irak - Sputnik Afrique
En Syrie et en Irak, sur les territoires libérés des terroristes de l’État islamique (organisation terroriste interdite en Russie), vivent des enfants qui ont été transformés en fanatiques religieux. Ces «lionceaux du califat» sont considérés par certains comme des victimes serviles; d'autres voient en eux de véritables terroristes.

«Ces enfants ne sont pas du tout des victimes. Ils ont tué impitoyablement nos proches et nos amis. Ils méritent autant la mort que leurs aînés», selon un leader de l'opposition syrienne cité par The Economist. Ce combattant appelle à sévir contre les terroristes mineurs qui se sont retrouvés de force sous les drapeaux de l'EI. Selon le site d'information Lenta.ru.

L'armée syrienne reprend la totalité de Palmyre - Sputnik Afrique
Combien de temps reste-t-il à Daech?
Ces appels sont soutenus par ceux qui, au sein des différentes communautés syriennes, ont été témoins des cruautés de ces adolescents. De nombreux habitants des régions libérées des terroristes pensent ainsi que les djihadistes mineurs qui n'ont pas été tués sur le champ de bataille doivent finir en prison.

The Economist n'est pas de cet avis: «On sait que les établissements pénitentiaires sont un terreau fertile à l'apparition d'une nouvelle génération de terroristes. Actuellement les prisons irakiennes abritent près de 2.000 mineurs condamnés pour complicité avec Daech. En prison il est impossible de lutter contre une plus forte radicalisation des jeunes. D'après les militants des droits de l'homme, les enfants en détention se plaignent d'être torturés. Abandonnés et soumis à un traitement violent, ils détesteront encore plus leur État en grandissant».

On ignore combien d'adolescents exactement combattent du côté des extrémistes. D'après le Brookings Institute, se référant à l'Onu, les armées nationales de sept pays et 50 groupes armés à travers le monde recrutent des milliers d'enfants pour participer aux activités militaires. La plupart sont des garçons, notamment au Moyen-Orient, mais dans le monde 40% des enfants recrutés sont des filles.

La situación en la Ciudad Vieja de Mosul, Irak - Sputnik Afrique
Daech chassé de plus de 50% de la vieille ville de Mossoul
Les djihadistes mineurs donnent notamment du sang pour des extrémistes blessés, patrouillent dans les rues, gardent et exécutent des prisonniers, fabriquent des bombes, commettent des attaques-suicides à la bombe ou recrutent d'autres enfants.

Étant donné que la plupart des écoles sont fermées, les garçons désœuvrés rejoignent volontiers les djihadistes.

D'autres intègrent leurs rangs contre leur gré: ils sont capturés de force par les terroristes ou sont vendus par leurs parents. Pour un enfant, une famille reçoit ainsi 200 dollars par mois.

Dans la plupart des cas les enfants ont besoin d'une aide compétente, par exemple de la part d'organisations caritatives comme Child Soldier International. Il existe également différents programmes mis en place par l'Onu.

Курдская женщина-боец из Отрядов женской самообороны в сирийском городе Эль-Хасака - Sputnik Afrique
Cette Kurde syrienne qui se joue de la mort fait le buzz sur les réseaux sociaux
Avant toute chose, il est nécessaire de protéger les enfants terroristes de l'influence des extrémistes. La réintégration est l'étape la plus difficile: les jeunes terroristes doivent travailler avec des psychologues, voire des psychiatres, et continuent souvent d'éprouver une emprise. Il est aussi difficile pour les adolescents de recommencer leur vie à un endroit où beaucoup se souviennent de leurs crimes.

Les autorités irakiennes et syriennes songent sérieusement à mettre en place des programmes pour la réhabilitation des enfants qui ont combattu pour Daech. Ces «lionceaux du califat» pourraient ainsi devenir à terme des réparateurs de téléphones portables, des coiffeurs ou des mécaniciens. Mais nous en sommes encore loin. Il faudra beaucoup de temps et d'argent pour créer des emplois dans les pays affichant un fort taux de chômage et de corruption. Des écoules ouvrent déjà sur les territoires débarrassés des djihadistes. Mais il est difficile de trouver des enseignants qualifiés qui savent travailler avec des enfants ayant subi des traumas psychologiques et la radicalisation.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала