Séminaire de refondation du Front national: l’unité est de mise

Les membres du bureau politique du Front national et certains responsables des campagnes électorales se réunissaient, vendredi 21 et samedi 22 juillet pour le séminaire de refondation du parti. Les quelques voix discordantes au sein du mouvement, peuvent-elles mettre en péril le FN?

The leader of France's rightwing Front National (FN), Marine Le Pen. (File) - Sputnik Afrique
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Le séminaire de refondation du Front national se déroulait à huis clos, vendredi 21 et samedi 22 juillet, au siège du parti. Avec de nombreuses dissensions au sein du parti de Marine Le Pen, ce séminaire était l'occasion pour les membres du Bureau politique, élargi à certains responsables des campagnes électorales, de réfléchir à de nouvelles bases organisationnelles et fonctionnelles. Mais résoudre la question de la sortie de l'euro. En effet, de l'extérieur, deux courants semblent s'opposer, d'une part celui de Florian Philippot qui prône une sortie de l'euro ainsi que de s'ouvrir à de nouvelles thématiques. Et d'autre part, un autre courant incarné par Nicolas Bay qui souhaite revenir aux fondamentaux (immigration, délinquance et identité) du parti. Ces voix discordantes peuvent-elles provoquer une scission au sein du FN?

Pour un cadre du parti, Gaëtan Dussausaye, directeur national du Front national de la jeunesse (FNJ), ce courant Philippot est à reléguer à la simple question de la sensibilité politique. Tant que Marine Le Pen est la présidente du parti, c'est sa ligne politique qui prévaudra.

«J'ai beaucoup de mal à entendre l'existence de ces lignes, il y a des sensibilités, il y a des visions stratégiques qui peuvent différer, qui peuvent ne pas aller dans le même sens mais en réalité je m'en remets pleinement à la ligne qui est celle de Marine Le Pen, qui est celle de la présidente du Front national.»

De plus, pour Philippe Murer, conseiller économique et environnement de Marine Le Pen, la question de la souveraineté de la monnaie et de la sortie de l'euro, un thème défendu par Florian Philippot et la présidente du FN, a permis d'obtenir ce résultat historique à la présidentielle. Malgré le fait, que pour certains cadres du parti, le résultat pouvait sonner comme une défaite et reprochaient cette fameuse ligne Philippot. Philippe Murer s'inscrit en faux.

«Je ne vois pas où est la défaite car c'est la ligne de Marine Le Pen, ne l'oublions pas, qui a amené ces changements, de parler de beaucoup de souveraineté et notamment de souveraineté sur la monnaie. Cela a permis de conquérir près de 11 millions d'électeurs et d'être à 40 voire 42% dans les sondages à quelques jours de la présidentielle donc je ne vois pas où il y aurait une défaite de Marine Le Pen et de Florian Philippot.»

Selon Gaëtan Dussausaye, la question de l'euro n'est pas la cause de la défaite même si la confusion n'a pas aidé à clarifier la position du Front national.

«On ne peut pas tout réduire à la question de l'euro, il y a eu en effet un trouble à la fin de la campagne présidentielle notamment lorsque l'on a commencé à aborder, du fait de l'accord avec Nicolas Dupont-Aignan, l'existence d'une monnaie commune contre la monnaie unique qui coexisterait avec la monnaie nationale. Cela a jeté énormément de flou dans la campagne d'entre deux tours […]. Je pense que l'on ne peut pas tout mettre sur la simple question programmatique de l'euro. Maintenant, il faut en tirer les leçons. […] Cela montre que l'on a besoin d'évoluer sur notre organisation, notre manière de faire fonctionner le parti et notre discours pédagogique sur un certain nombre de sujet.»
Pour ces deux cadres du parti, l'évolution vers de nouvelles thématiques est la condition sine qua non pour accéder au pouvoir. Gaëtan Dussausaye nuance néanmoins en expliquant que ces sujets n'étaient pas nouveaux:

Marine Le Pen - Sputnik Afrique
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«La volonté de Marine Le Pen a toujours été la même depuis 2011: continuer à élargir l'éventail de propositions sur l'ensemble des secteurs. D'ailleurs, le fait de parler d'école et d'écologie n'est pas quelque chose de nouveau, on trouvait déjà ces thématiques dans les programmes présidentiels du FN dans les années 90. Il serait absurde qu'un parti se restreigne à quelques thématiques lorsque celui-ci souhaite accéder au pouvoir.»

Et Philippe Murer d'abonder dans ce sens:

«Sous l'égide de Marine Le Pen, avec Florian Philippot qui est vice-président, le parti a évolué vers de nouvelles thématiques, c'est-à-dire savoir parler d'écologie, proposer des choses crédibles, réalistes aux Français, savoir parler de santé, d'école et évidemment conserver la ligne fondamentale qui est de dire: pour faire tout cela, il faut la souveraineté et il faut défendre son identité. Parce que souveraineté et identité sont indissociables.»

Une chose est sûre, lorsqu'il s'agit des reproches fait par d'anciens cadres du Front national, comme Car Lang, qui expliquent que Marine Le Pen empêche le Front national d'accéder au pouvoir. Le constat est sans équivoque.

«C'est la parole de quelques aigris […] s'ils ne crachaient pas sur le FN, ils n'existeraient plus. Comme il leur faut une raison pour exister, ils continueront dans ce sens. C'est le jeu de la démocratie, c'est le jeu du débat. Mais permettez-moi de ne pas partager leurs avis», explique le directeur national du FNJ.

Et Philippe Murer d'aller plus loin:

«De toute façon ces gens-là sont partis, ils avaient une ligne purement identitaire. Ils râlent après ce parti depuis des années, peut-être qu'ils regrettent de l'avoir quitté. Pour moi, il me semble que Marine Le Pen est clairement la seule légitime aujourd'hui pour diriger le parti. Ceci dit, si certains pensent qu'ils le sont plus qu'elle, ils ont droit de se présenter au congrès puisqu'il y aura les élections du nouveau président du Front national en février 2018.»
Alors, ces dissensions au sein du FN ne seraient que de simples illusions? Tout le laisse à penser.

«Ce qui est rassurant, c'est qu'aussi bien au sein des cadres et au sein des adhérents, tout le monde a envie de ce renouvellement et de cette refondation. Nous sommes tous dans la même équipe», conclut Gaëtan Dussausaye.

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