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Un an après l’Affaire d’Adama Traoré: «La vie des Noirs compte-t-elle en France?»

© AFP 2021 Bertrand GuayMarche pour Adama Traoré à Paris
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Plus d’un an s’est écoulé depuis la mort d’Adama Traoré dans des circonstances obscures, la police affirmant qu’il est mort asphyxié. Dans un article pour Al Jazeera, la journaliste Rokhaya Diallo rappelle l'Affaire Adama Traoré, décrit les détails violents de son interpellation et dénonce la galerie des horreurs du racisme d'État.

Un an plus tard, le décès d'Adama Traoré en garde à vue continue de soulever la question du racisme institutionnel en France, écrit la journaliste française Rokhaya Diallo, abordant le sujet sensible de la violence policière dans son article pour Al Jazeera.

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Dans son article, Mme Diallo évoque en détail toute l'Affaire Adama Traoré. L'homme noir de 24 ans, d'origine malienne, est mort le 19 juillet 2016 dans des circonstances plutôt obscures, à la gendarmerie de Persan, quelques heures après avoir été interpellé par trois gendarmes à Beaumont-sur-Oise. Lors d'un contrôle au faciès, il a été forcé, menotté et placé visage au sol avant d'être transféré à une station de la police, où il est décédé.

Que s'est-il passé réellement et pourquoi l'enquête policière n'a-t-elle pas bougé depuis un an? Les officiers ont admis que l'homme se plaignait de troubles respiratoires, mais ont nié avoir eu un recours excessif à la force. D'abord, la police a affirmé qu'Adama avait succombé à une maladie cardiaque, puis à cause d'une infection grave.

«Dix mois plus tard, un nouvel expert, qui a examiné le cas à la demande de la famille Traoré, n'a trouvé aucun signe de maladie cardiaque ou d'infection. Les rapports toxicologiques pour le cannabis et l'alcool étaient également négatifs. Il a conclu que la cause de décès d'Adama Traoré était l'asphyxie», écrit l'auteur.

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Inconsolable, la famille Traoré a voulu organiser des marches dans les espaces publics afin de réclamer aux autorités une enquête plus approfondie, mais la municipalité a rejeté à plusieurs reprises les demandes, évoquant des inquiétudes concernant la sécurité.

Outre l'Affaire Traoré, Rokhaya Diallo cite également bon nombre de cas de brutalité policière à l'encontre de Noirs en France, dont ceux d'Amine Bentounsi et de Lamine Dieng.

En janvier 2017, une enquête du Défenseur des Droits, une autorité constitutionnelle indépendante, a révélé que des jeunes hommes «perçus comme des Arabe ou des Noirs» faisaient l'objet d'un contrôle d'identité en France 20 fois plus souvent que le reste de la population. Le même rapport a également montré que 95% de ces contrôles d'identité ne conduisaient pas à une arrestation.

«En raison de ce préjugé racial, les hommes noirs et arabes sont plus susceptibles d'être victimes de la brutalité policière en France», conclut l'auteur.

En février, six experts mandatés par le Haut-Commissariat de l'Onu aux droits de l'homme ont interrogé le gouvernement français sur le «recours excessif à la force par la police à l'égard de trois personnes d'origine africaine». L'une de ces trois personnes était Adama Traoré. Les experts ont demandé au gouvernement français de mettre fin à l'impunité de la police.

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Amnesty International a déjà tiré la sonnette d'alarme au sujet de la brutalité policière en France, en 2009 et 2011, et a mis en garde contre les dangers des techniques d'arrestation utilisées par les policiers. La recherche a suggéré que le fait de placer une personne visage contre le sol lors d'une arrestation pouvait entraîner l'asphyxie. Cette technique a été interdite dans des pays comme la Belgique et la Suisse ainsi qu'à Los Angeles et New York, aux États-Unis. En France, c'est toujours une technique d'arrestation légale et acceptable.

Dans tous les cas de brutalité policière éventuels, les institutions françaises se sont montrées réticentes à permettre une enquête approfondie, ce qui signifie que les familles, comme celle d'Adama Traoré, attendent toujours une explication adéquate des autorités concernées.

«La France a longtemps été connue comme "le pays des Lumières". Maintenant, notre pays doit montrer qu'il n'a pas usurpé ce titre», conclut l'auteur de l'article.

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