Rohingyas: 400.000 personnes veulent retirer son Nobel à Aung San Suu Kyi

Dans une pétition ayant obtenu près de 400.000 signatures en quelques jours, une centaine de personnes exigent que soit retiré le prix Nobel de la paix à celle qui est désormais conseillère spéciale de l'État birman, Aung San Suu Kyi. Les pétitionnaires lui reprochent son inertie face au sort de la minorité musulmane birmane des Rohingyas.

En moins de deux semaines, quelque 164.000 personnes, la plupart des Rohingyas, minorité musulmane en Birmanie, ont fui des violences pour se réfugier au Bangladesh voisin, selon l'Onu. Aung San Suu Kyi, qui dirige de facto le gouvernement birman, est critiquée à l'étranger pour son refus obstiné de défendre cette population.

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Ainsi, une pétition intitulée «Reprenez le prix Nobel d'Aung San Suu Kyi» a recueilli près de 400.000 signatures en quelques jours. Il lui est notamment reproché son inertie envers le sort de la minorité musulmane birmane des Rohingyas, au cœur de la tourmente.

«Jusqu'à présent, Aung San Suu Kyi, qui dirige de facto la Birmanie, n'a pour ainsi dire rien fait pour arrêter ce crime contre l'humanité dans son pays», estime l'initiateur indonésien de la pétition.

Mercredi, la lauréate est sortie de son silence pour dénoncer un «iceberg de désinformation» dans la crise qui règne dans son pays.

Un million de Rohingyas vivent en Birmanie, depuis des générations pour certains. Mais les Birmans les considèrent comme des Bangladais, en faisant la plus importante population apatride au monde.

Rohingya refugees walk on the muddy path after crossing the Bangladesh-Myanmar border in Teknaf, Bangladesh, September 3, 2017. REUTERS/Mohammad Ponir Hossain - Sputnik France
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Au total, on estime qu'entre les violences d'octobre, qui avaient poussées 87.000 personnes à fuir, et les troubles actuels, près du tiers des Rohingyas de Birmanie (estimés à un million) sont désormais au Bangladesh.

La Birmanie a annoncé samedi qu'elle allait mettre en place des camps pour accueillir les musulmans rohingyas déplacés, une première après un nouvel appel de l'Onu qui a enjoint vendredi la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à «se mobiliser».

Environ 27.000 bouddhistes et hindous ont également fui leurs villages et trouvé refuge dans des monastères et des écoles dans le sud de la région.

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