Programmes balistiques Iran-Corée du Nord: «faire des parallèles complets est impossible»

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Pour le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, utiliser l’expérience des négociations sur le nucléaire iranien pour régler le conflit avec la Corée du Nord ne serait pas efficace car le programme balistique de Téhéran est sans comparaison avec celui de Pyongyang, la Corée du Nord effectuant déjà des essais nucléaires.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov estime que se servir de l'expérience des négociations sur le programme nucléaire iranien, comme l'a proposé la chancelière allemande Angela Merkel, n'apporterait pas les résultats attendus avec Pyongyang. D'après M. Riabkov, au moment de l'élaboration du projet de négociations avec l'Iran, «il n'y avait, selon nos estimations, aucun indice attestant de l'existence d'un programme nucléaire».

«Faire des parallèles complets entre les deux situations paraît impossible puisque la Corée du Nord, à la différence de l'Iran, est un pays possédant déjà des technologies nucléaires qui permettent à Pyongyang d'effectuer des essais nucléaires et d'avancer vers le perfectionnement de vecteurs tels que les missiles balistiques», a-t-il déclaré.

Une autre différence entre les programmes des deux pays en question consisterait, selon lui, dans le fait que «le programme balistique iranien, vise, dans sa plus grande partie, le domaine spatial, et le programme balistique militaire et le développement de cette technologie en Iran n'a jamais manifesté et ne manifeste toujours pas des mêmes résultats que ceux que la Corée du Nord a récemment montrés».

De plus, le vice-ministre explique que les autorités nord-coréennes ont une autre attitude envers cette situation que celles de l'Iran au moment des négociations.

«La partie constructive des négociations, quel qu'en soit le format, diffèrera considérablement dans le cas de Pyongyang des négociations avec l'Iran. C'est inévitable», a-t-il souligné.

Dans le même temps, M. Riabkov a ajouté que Pyongyang serait très intéressé par un dialogue direct avec Washington.

«Je ne suis pas certain que l'administration des États-Unis ait la volonté et la résolution politiques suffisantes pour rentrer dans ce dialogue», a-t-il relaté soulignant que Moscou ferait tout, de son côté, pour «proposer certains modèles de règlement» de ce conflit.

Néanmoins, Sergueï Riabkov a salué la proposition d'Angela Merkel qui atteste de sa bonne volonté pour instaurer la paix sur la péninsule coréenne.

«L'idée de transmettre l'expérience positive des six parties sur le terrain coréen me semble être très intéressant. En général, toutes les propositions qui ne reprennent pas cette logique vicieuse de "sanctions-nouvelles provocations de Pyongyang-contre-sanctions-provocations nord-coréennes", toutes les propositions qui s'opposent à cette logique sont nécessaires et très recherchées. De ce point de vue, nous les saluons», a-t-il conclu.

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En vertu de l'accord historique sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015 entre l'Iran et les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne), Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses activités d'enrichissement d'uranium et a consenti à des contrôles encore plus poussés de ses sites nucléaires par les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) afin d'en garantir l'usage civil.

Dimanche 3 septembre, la Corée du Nord a annoncé l'essai réussi d'une bombe H destinée à être installée sur les missiles intercontinentaux. Le ministère japonais de la Défense a préalablement évalué la puissance de la charge à 70 kt, ce qui dépasse largement la puissance des bombes atomiques larguées sur les villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki en 1945.

Le président américain Donald Trump a déclaré que Washington était prêt à utiliser «tous les moyens» pour protéger son pays et les alliés, y compris l'arme nucléaire. Séoul a fermement condamné ces essais, alors que Tokyo les a qualifiés de «défi lancé à la communauté internationale».

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