Référendum au Kurdistan: «beaucoup de gesticulations» mais pas de «conflit armé»

Le Désordre mondial avec Rachel Marsden
Le Désordre mondial avec Rachel Marsden - Sputnik France
Lundi 25 septembre, la population du Kurdistan irakien votait à 92% en faveur de son indépendance. Rachel Marsden invitait Rewan Hussein, directeur du bureau de la representation du gouvernement du Kurdistan en France et Gérard Chaliand, géopolitologue et spécialiste de l’étude des conflits armés.

La communauté internationale s'est opposée unanimement au scrutin pour l'indépendance du Kurdistan irakien. Les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont émis un avis défavorable sur le référendum, qui serait déstabilisateur pour les équilibres de la région, pour les opérations en cours contre Daech ainsi que pour le retour volontaire de millions de réfugiés. Quels sont les enjeux de cette consultation au Kurdistan irakien?

Rewan Hussein, directeur du bureau de la representation du gouvernement du Kurdistan en France, rappelle que «ce référendum n'est pas contraignant, c'est juste une consultation populaire engagée par nos autorités pour que notre peuple puisse enfin s'exprimer». Rewan Hussein explicite la portée du scrutin: «il va de soi qu'après le référendum, nous n'allons pas déclarer l'indépendance, nous l'objectif c'est de rentrer en négociations avec Bagdad» mais il pointe «la réaction démesurée» de Bagdad face à cette «démarche pacifique».

Gérard Chaliand, géopolitologue et spécialiste de l’étude des conflits armés, confirme ce jugement: «il y aura énormément de gesticulations mais je ne crois pas du tout personnellement à un conflit armé, pour l'instant on est dans une période de bras de fer […] l'indépendance qui ne va pas avoir lieu puisque ce n'était pas la question réelle, la question réelle ce sont les rapports avec Bagdad». Le géopolitologue estime que les Américains visent l'Iran: «sur ce plan là, les Américains sont à la fois avec M.Abadi et ils sont à la fois avec M.Barzani, c'est-à-dire il s'agit de deux alliés, l'adversaire véritable c'est l'Iran».

Retrouvez l'intégralité de l'émission en vidéo sur notre chaine YouTube Radio Sputnik

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