Donald Trump fait la leçon à son chef de diplomatie

Le président américain Donald Trump, qui aime donner des conseils en tout genre dans le style familier qu'on lui connaît, a donné des directives au chef de la diplomatie américaine pour régler le problème nord-coréen.

«J'ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d'État, qu'il perdait son temps en négociant avec Rocket Man», écrit sur Twitter le locataire de la Maison blanche, dans une allusion sarcastique au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Or cette invective vis-à-vis du dirigeant d'un État souverain, aussi «exclu» qu'il soit, et la forme «ingénue» de cet ordre, notent les experts, sont contraires aux normes et aux règles de la diplomatie. C'est pourtant cette dernière qui est appelée, à l'aide d'outils très souples, à contribuer au règlement de problèmes géopolitiques complexes dont le programme de militarisation nord-coréen est l'un des plus graves pour la communauté internationale. Selon le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

Rex Tillerson et Donald Trump - Sputnik Afrique
Trump: Tillerson «perd du temps» en essayant de négocier avec Kim Jong-un
Mais alors quelle est la solution proposée par Trump? Fermer les yeux sur les «manigances» de Pyongyang, condamnées par la communauté internationale, ou bien employer la force? Dans un autre tweet publié dimanche, Trump écrit: «Ne gaspille pas ton énergie, Rex! Nous ferons ce qui doit être fait!» Et de conclure victorieusement: «Je ne tolérerai pas d'échec!» Ces appels renvoient à la fameuse allocution du président américain prononcée en septembre à l'Assemblée générale des Nations unies, quand Trump a averti la Corée du Nord qu'elle risquait d'être «complètement détruite» si elle persévérait dans son aspiration à se doter de l'arme nucléaire. C'est là que Trump a utilisé pour la première fois son expression pour désigner le dirigeant nord-coréen en déclarant à la communauté internationale que «Rocket Man se lançait dans une mission suicidaire envers lui et son régime».

Les «suggestions» faites au chef de la diplomatie américaine ont été rendues publiques par Donald Trump au moment précis où les principaux médias américains rapportaient que Pyongyang établissait des «canaux de négociations» en contactant des hauts responsables de la Maison blanche. Rex Tillerson, quant à lui, revenait d'une visite difficile à Pékin où il venait d'évoquer avec les collègues chinois les différentes options pour exercer une influence sur la Corée du Nord et trouver une issue à la situation, pratiquement dans l'impasse. De plus, après sa visite de travail en Chine, le secrétaire d'État a dévoilé un secret diplomatique en avouant que les diplomates américains disposaient de «canaux ouverts» pour communiquer avec les Nord-Coréens. Rex Tillerson a déclaré espérer une baisse de tension avec la Corée du Nord, qui avance rapidement vers son objectif de construire des missiles porteurs de l'arme nucléaire capables de frapper la partie continentale de l'Amérique. Le secrétaire d'État a déclaré à un groupe de reporters que les États-Unis possédaient «quelques canaux ouverts pour Pyongyang».

Drapeaux de la Chine et des USA - Sputnik Afrique
Sur quoi Rex Tillerson et son homologue chinois se sont-ils accordés?
Ces efforts auraient-ils été vains? Car après les «suggestions» de Trump, le jour même Tillerson a soudainement changé de discours en déclarant que «la Corée du Nord n'était pas prête à parler et à négocier».

Nombre d'observateurs indiquent que par ses tweets, le président américain, qui aime séparer le monde entre bons et mauvais, tire souvent un trait de manière souvent outrageante et hautaine sur le travail de son entourage et sème la zizanie au sein de l'élite politique, ce qui entraîne même des perturbations en bourse.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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