À terme une base russe au Venezuela?

© Sputnik . Alexei Kudenko / Accéder à la base multimédiaВстреча президента РФ В. Путина с президентом Венесуэлы Н. Мадуро
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Alors que les États-Unis et son bras droit l’Otan possèdent des dizaines de bases militaires à l’étranger, le temps approche vraisemblablement pour mettre un peu d’ordre dans le secteur.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro est arrivé en visite officielle en Russie. D'une part pour rencontrer de nouveau le leader russe et de l'autre pour prendre part à la Semaine énergétique de Russie 2017. Si l'accent de la rencontre a été mis sur l'amitié qui unit les deux pays et les nombreux domaines d'intérêts réciproques, notamment dans le secteur énergétique, il n'en demeure pas moins que la sphère de la Défense reste elle aussi une orientation prioritaire dans les relations russo-vénézuéliennes, de même qu'avec d'autres pays latino-américains.

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Juste avant son départ pour Moscou, le leader du Venezuela avait déclaré: «Je vais avoir une réunion de travail très importante avec le président Vladimir Poutine. Très importante pour l'avenir de la coopération financière, technologique, agricole et militaire entre la Russie et le Venezuela». À noter que la visite de Maduro à Moscou est la première étape d'une tournée dans trois pays: Russie, Biélorussie, Turquie. Les médias occidentaux n'ont évidemment pas pu manquer l'occasion de dire que c'était une «tentative du Venezuela de sortir de l'isolement imposé par la communauté internationale»… À ce niveau rien de nouveau côté mainstream occidental. De la même manière depuis 3 ans ces mêmes médias s'acharnaient à parler de la prétendue «isolation» de la Russie et restent maintenant bouche bée en observant les leaders des quatre coins du monde faire pratiquement la queue pour atterrir dans la capitale russe, y compris les alliés encore déclarés du camp atlantiste. À ce titre le tout récent reportage de BFM TV sur la venue du roi saoudien en Russie (la première visite officielle d'un monarque saoudien en terre russe), qui a suivi l'arrivée du président Maduro, avec une délégation de près de 1000 personnes a fait bien sourire, surtout les mots de la fin.

Dans le cas du Venezuela, il est aussi ridicule de parler d'un quelconque isolement, sachant que plusieurs pays d'Amérique latine n'ont pas manqué d'afficher leur soutien à Caracas face aux pressions occidentales. Ajoutez à cela le soutien officiel de Moscou, Pékin et Téhéran et il devient réellement absurde qu'une communauté représentant moins de 10% de la population terrestre puisse encore s'autoproclamer «communauté internationale»… Passons.

Au-delà de la rencontre très constructive Poutine-Maduro et du renforcement de l'alliance qui caractérise les deux pays, l'heure est effectivement à l'intensification du partenaire bilatéral. Ainsi, Rosneft et Gazprom se voient offrir de nouvelles opportunités d'affaires sur le sol de la République bolivarienne (le premier y étant déjà très actif). Pour rappel aussi: la Russie et le Venezuela font partie du comité chargé par l'OPEP d'assurer le suivi de l'accord passé entre les pays membres du cartel pétrolier pour réduire l'offre et stabiliser les prix du brut.

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Mais en supplément des accords économiques et énergétiques qui caractérisent les relations entre les deux nations, l'interaction dans le secteur de la Défense est effectivement appelée elle aussi à croître, surtout au moment où la rhétorique agressive émanant de Washington en direction de Caracas et d'autres capitales de cette région du monde ne fait que s'intensifier.

Pour rappel, plusieurs hauts cadres du ministère russe de la Défense, y compris le ministre Choïgou, avaient déclaré à maintes reprises que la Russie avait entamé une série de négociations en vue de retrouver des bases militaires à l'étranger, utilisées dans le passé par l'URSS, voire en créer de nouvelles. En Asie, c'est le Vietnam qui a été mentionné. En Amérique latine: Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, notamment.

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À noter qu'actuellement la présence militaire russe en dehors des frontières nationales se trouve principalement chez les alliés de l'étranger dit «proche» d'ex-URSS: Biélorussie, Arménie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Abkhazie, Ossétie du Sud, République moldave du Dniestr. La Syrie, bien qu'alliée de longue date mais considérée comme faisait partie de l'étranger «lointain» est un peu l'exception à la règle. Mais soyons honnêtes: même si cette présence devait s'élargir aux pays d'Asie du Sud-Est et d'Amérique latine mentionnés (voire à d'autres), elle resterait inférieure en terme de nombre par rapport aux bases militaires américaines et plus généralement occidentales de par le monde. C'est un fait. Et c'est pourquoi la rhétorique d'une Russie «agressive», venant de la part de ceux qui ne négocient même pas mais imposent leur présence à différents endroits de la planète, fait sourire.

En ce qui concerne le cas particulier du Venezuela, il faut savoir qu'il est plus que probable que l'opposition locale (libéraux + extrême-droite) soutenue depuis Washington et plusieurs capitales occidentales fera de son mieux pour bloquer tout accord russo-vénézuélien en la matière. Mais plus les atteintes à la souveraineté vénézuélienne se poursuivront de la part de ceux qui se sont un peu trop habitués à dicter leur volonté, plus Caracas aura la détermination de la protéger par un renforcement des alliances existantes. Et probablement, il ne sera pas le seul. Le reste à suivre.

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