«En Occident, vous ne gagnez pas en popularité si vous n'êtes pas contre la Russie»

© Sputnik . Vladimir Astapkovich / Aller dans la banque de photosThe White House in Washington, D.C.
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Les résultats d’un sondage mené par l'Ifop, selon lequel les Français, Allemands, Britanniques et Polonais estimaient que c’étaient les États-Unis qui intervenaient dans les élections d’autres pays, sont «entièrement prévisibles», a déclaré un expert politique à Sputnik.

Le docteur des sciences politiques à la London School of Economics and Political Science Cristian Nitoiu a commenté pour Sputnik les résultats d'un sondage effectué par l'Ifop sur l'ingérence présumée de la Russie dans les élections dans d'autres pays, notamment aux États-Unis.

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En réponse à une question sur les accusations de Washington sur l'ingérence russe dans les élections présidentielles, M.Nitoiu a noté qu'une telle position est liée à la méfiance générale des États-Unis envers la Russie. L'expert est également convaincu que le conflit entre les deux pays se poursuivra: selon lui, il existe beaucoup de partialité envers la Russie dans les médias occidentaux parce que Moscou est «l'ennemi parfait».

«La déclaration selon laquelle la Russie aurait pu influencer de manière significative les résultats des élections américaines souligne la faiblesse des États-Unis et leur incapacité à résoudre leurs problèmes internes sans trouver un bouc émissaire de l'étranger», a souligné l'expert.

«Plusieurs élites aux États-Unis partagent une profonde méfiance à l'égard de la Russie et attendent depuis 25 ans le bon moment pour pousser la Russie vers une politique plus dure. En Occident, vous ne gagnez pas en fait de popularité si vous n'êtes pas contre Russie. Par ailleurs, les médias et les élites politiques russes traitent l'Occident d'une manière assez similaire», a estimé M.Nitoitu.

Les États-Unis cherchent à changer l'ordre existant dans ces pays «où le système politique diffère des notions occidentales de démocratie», a déclaré Cristian Nitoiu commentant les résultats du sondage en question.

«Les résultats [du sondage] sont entièrement prévisibles. Les ambassades américaines à travers le monde sont souvent considérées comme l'endroit où le résultat final des élections est décidé», a-t-il souligné. «Même si, à première vue, ça semble nuire à de petits États, c'est une caractéristique normale de la politique mondiale. On s'attend à ce que des États plus puissants aient la capacité, les ressources et la volonté d'influer sur les politiques intérieures d'autres pays.»

Le politologue a noté que l'ampleur de l'ingérence américaine aux élections d'autres pays dépend du type d'institutions, de normes et de règles y existant.

«Je pense que nous devrions faire une légère distinction entre les différents types d'ingérence dans les élections. Je dirais que les pays démocratiques sont touchés légèrement par les États-Unis. Plus précisément, ils n'interfèrent pas pour remodeler le paysage ou le système politique. Leurs actions sont plus axées sur la promotion des élites qui seraient favorables aux intérêts américains», a déclaré l'analyste.

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Cependant, la situation est complètement différente dans les pays dont la politique ne correspond pas aux vues américaines. Là, Washington vise à transformer les systèmes politiques entiers, précise l'expert.

Selon un sondage effectué par l'Institut français d'opinion publique (Ifop) à la demande de Sputnik, pour la majorité des Européens, ce seraient plutôt les États-Unis qui influenceraient les élections partout dans le monde. Ainsi, plus de 40% des Français (43%), des Polonais (43%) et des Allemands (41%) estiment que c'est Washington qui exerce son influence sur le processus électoral d'autres pays. Un avis qui est également partagé par 33% des Britanniques.

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Quant aux accusations à l'encontre de Moscou, elles ne sont partagées que par moins de 30% des personnes interrogées. Selon le sondage, seuls 29% des Polonais, 28% des Allemands, 27% des Français et 21% des Britanniques croient à la thèse de l'ingérence russe.

Le sondage a été réalisé par l'Institut français d'opinion publique (Ifop), du 20 au 27 septembre 2017, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Pologne. 3.228 personnes majeures des quatre pays y ont participé. Cette étude est représentative de la population selon les critères de sexe, d'âge et de répartition géographique. La marge d'erreur s'élève à 3,1% pour un intervalle de confiance de 95%.

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