Quel prix ont payé des civiles en Syrie et en Irak pour les frappes de la coalition?

© Sputnik . Hikmet DurgunRaqqa
Raqqa - Sputnik Afrique
Entre les violences de Daech et les frappes, souvent meurtrières, de la coalition dirigée par les États-Unis, le bilan humain s’avère lourd pour les peuples syrien et irakien. Aujourd’hui, ceux qui ont fui Raqqa et Tall Afar livrent leurs souvenirs au micro de Sputnik.

La province de Raqqa en feu - Sputnik Afrique
Raqqa: les raids de la coalition n'ont apporté pour le moment que des milliers de victimes
Les opérations menées par l'aviation de la coalition ont fait plus de mal que de bien, laissant derrière elles un lourd bilan humain, affirment au micro de Sputnik ceux qui ont fui Raqqa et Tall Afar.

Ainsi, Mustafa Ahmed, habitant de Raqqa, était parmi ceux qui ont perdu des membres de leur famille lors des frappes de la coalition.

«Mon fils et mon neveu sont morts dans des bombardements des avions de la coalition en allant chercher de l'eau au puits. J'avais un seul fils et les avions de la coalition l'ont tué […] Daech a été impitoyable envers nous. Même pour avoir de l'eau ils nous faisaient faire la queue. Les djihadistes étaient les premiers à prendre de l'eau, puis c'était le tour des autres. Mon fils est mort à cause de quelques bouteilles d'eau», a-t-il déploré.

Fatma Ali, une femme de 35 ans, a perdu son mari au cours d'une autre attaque meurtrière.

«Mon mari est mort, comme 50 autres personnes, dans des bombardements de l'aviation. Mon mari et la plupart des autres civiles se sont retrouvés sous les débris d'un bâtiment détruit par un projectile. Nous n'avons pas réussi à extraire son corps. J'ai encore un fils et une fille. La libération de Raqqa s'éternisait et longtemps nous n'avons pas pu quitter nos maisons. D'un côté, c'était impossible à cause des frappes de l'aviation, et, de l'autre, des affrontements éclataient tout le temps dans la ville», a-t-elle confié.

La même tragédie a été vécue par les habitants de la ville irakienne de Tall Afar. Parmi les victimes des frappes de la coalition se trouvait une maman qui vit actuellement avec ses huit enfants dans un camp de réfugiés dans la région de Raqqa.

«Nous vivions à Tall Afar lorsque l'armée irakienne a lancé une opération contre Daech. Nous avons voulu quitter la ville, mais les terroristes ne nous ont pas autorisés à le faire. À cause des affrontements, notre maison est devenue inhabitable et nous nous sommes cachés dans une école qui se trouve à proximité. Une fois, maman est sortie dans la cour. Soudain, les bombardements ont éclaté et maman a été tuée […]», raconte Suphi Muhli, 12 ans, le fils de la victime.

Ses frères et sœurs, dont le plus petit n'a qu'un an, ont du mal à surmonter leur douleur et fondent en larmes dès qu'ils entendent le bruit des avions.

«Ce sont les avions de la coalition qui effrayent le plus les civiles. Ils ont quitté Tall Afar pour venir en Syrie et ne pas devenir victimes d'une autre frappe», a-t-il poursuivi.

Selon Ali Abdi, un autre Irakien, les avions de la coalition ne font aucune différence entre les civiles et les terroristes.

«Des centaines de civiles à Tall Afar ont été victimes des bombardements effectués par les avions de la coalition. Des centaines de gens sont restés handicapés. Les civiles ne sortaient pas dehors pour ne pas devenir victimes des frappes, mais souvent les maisons où ils se cachaient devenaient la cible des bombardements. Beaucoup d'autres se cachaient dans les mosquées dans l'espoir qu'elles ne seraient pas bombardées. Mais la coalition les bombardait aussi. À cause de ces bombardements, la plupart de civiles essayaient de quitter la ville et de s'enfuir», a-t-il conclu.

Selon les estimations de l'ONG britannique Airwars, les bombardements de la coalition internationale anti-Daech dirigée par les États-Unis auraient fait entre 5.637 et 8.636 victimes civiles en Irak et en Syrie depuis août 2014.

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