Devant la porte de l'ambassade de l'Equateur: сomment arriver à voir Assange?

© REUTERS / Daniel TapiaSupporters of WikiLeaks founder Julian Assange
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Rencontrer le célèbre fondateur de Wikileaks, réfugié à l’ambassade de l’Équateur à Londres depuis juin 2012, pour l’interviewer n’était pas une tâche facile, admet le journaliste russe Vladimir Pozner. Selon lui, même si Julian Assange «n’est pas un prisonnier», un certain nombre de détails intéressants ont pu être notés.

Souhaitant interviewer Julian Assange pour une émission de télévision, le journaliste russe Vladimir Pozner a affirmé qu'arriver à rencontrer le fondateur de Wikileaks, refugié depuis 2012 à l'ambassade d'Équateur à Londres, n'était pas une tâche facile. Le journaliste a eu cette chance grâce à une personne proche d'Assange, rencontrée par pur hasard, lors du tournage d'un film en Scandinavie qui lui a donné le numéro de téléphone de l'assistant de M. Assange.

«On peut dire que c'était facile, mais c'est juste que j'ai eu de la chance. En réalité, c'est très difficile […]. J'ai sonné à la porte de l'ambassade. Un garde qui vérifie qui vous êtes m'a ouvert la porte. Ensuite, lorsque vous entrez, il vous emmène dans une sorte de couloir et vous demande si vous avez un portable. J'en avais deux et il m'a gentiment demandé de les lui donner. Il m'a également demandé mon passeport, en disant qu'il allait me le rendre lorsque j'aurai fini mon travail. Puis, nous sommes passés dans une salle, où l'interview devait avoir lieu. Elle se trouve au rez-de-chaussée, les fenêtres sont hermétiquement fermées et cachées derrière les rideaux pour que personne ne puisse nous voir ou nous entendre», a confié M. Pozner.

D'après le journaliste, ce serait injuste de qualifier le fondateur de WikiLeaks de «prisonnier», par contre, s'il souhaitait quitter son refuge, il serait, comme l'affirme M. Pozner, immédiatement incarcéré. D'ailleurs, certaines observations que le journaliste a pu faire peuvent en témoigner.

«Bien sûr, il n'est pas prisonnier puisque l'ambassade d'Équateur ne l'oblige pas à y rester. C'est un refugié et c'est donc son asile, où il se cache de ses poursuivants. Devant l'ambassade j'ai remarqué certains détails intéressants. Par exemple, il m'a donné rendez-vous à 19h30 et lorsque j'étais arrivé, il faisait déjà nuit. Devant l'ambassade, j'ai également vu quelques voitures avec des vitres fumés. Il n'y avait personne sur les sièges avant, mais les moteurs étaient toutefois en marche. Puis, lorsque je suis entré, il y avait quelques personnes en civil qui se promenaient et quand je suis sorti, ils étaient toujours là. Il est évident que c'est une surveillance. Donc, il ne peut pas sortir, il sera immédiatement attrapé», a expliqué M. Pozner.

Actuellement, selon le journaliste, Julian Assange se trouve dans un état psychologique normal.

«J'ai parlé avec lui seulement une heure et demie. Nous avons enregistré la vidéo en direct, donc il n'y a eu aucune coupure, aucune écriture […] Oui, nous avons aussi un peu parlé avant et après l'interview, mais je ne peux pas tirer de conclusions globales en me basant uniquement sur cela. Il m'a paru qu'il était dans un état psychique normal. Bien sûr, il était tendu, mais il ne donnait pas l'impression d'être effondré ou en dépression, pas du tout! Il se rend compte de la difficulté de sa situation et peut plaisanter sur ce sujet. À mon avis, il est lucide», a conclu le journaliste.

Julian Assange était l'invité de l'émission «Pozner», diffusé par la télévision russe Perviy Kanal (première chaîne), le 30 octobre.

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Julian Assange est réfugié à l'ambassade d'Équateur à Londres depuis juin 2012 pour éviter une extradition vers la Suède, où des accusations de viol sont portées à son encontre, ce qu'il nie. Le fondateur de WikiLeaks affirme craindre que Stockholm ne l'envoie ensuite vers les États-Unis, où il devrait répondre de la publication par WikiLeaks de documents militaires et diplomatiques révélés par Chelsea Manning.

Le 19 mai, le parquet suédois a déclaré qu'il avait retiré le mandat d'arrêt européen contre M.Assange. Contrairement aux premières informations, selon lesquelles si les poursuites contre lui étant abandonnées, M.Assange entendait demander l'asile politique à la France, son avocat, Juan Branco, a démenti une telle volonté de la part de son client, mais a souligné qu'on saluerait la détermination du gouvernement français à intervenir.

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