Juncker tenterait-il de boycotter l’enquête concernant les écoutes illégales?

L’enquête des écoutes illégales qui pourraient avoir été autorisées par l’ancien Premier ministre luxembourgeois et actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est loin d’être achevée. Selon les dernières révélations, la principale preuve dans cette affaire aurait été falsifiée.

Jean-Claude Juncker doit s'empresser d'expliquer son rôle dans le scandale des écoutes illégales au Luxembourg, a déclaré l'ancien chef des services de renseignement luxembourgeois (SREL), cité par The Daily Telegraphe.

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Le scandale impliquant des fonctionnaires du SREL soupçonnés d'avoir procédé à des écoutes illégales a entraîné la démission de M. Juncker du poste de Premier ministre luxembourgeois, qu'il avait occupé de 1995 à 2013.

Le Président de la Commission européenne a démenti toutes les allégations selon lesquelles il serait impliqué dans cette affaire. Mais de nouvelles preuves concernant ses subordonnés le mettent de nouveau dans le viseur. Selon les dernières révélations, suite auxquelles le procès contre trois agents du SREL a été reporté, la principale transcription aurait été falsifiée par des membres de l'équipe de M. Juncker.

Dans une conversation enregistrée en 2007, M. Juncker et Marco Mille, le chef du service de renseignement à l'époque, discutent une interception téléphonique que l'ancien Premier ministre luxembourgeois dément avoir jamais autorisée.

M. Mille ainsi que ses deux collègues, André Kemmer et Frank Schneider, devaient comparaître devant le juge le mois dernier pour violation du droit à la vie privée. Mais le 21 novembre, le procès a été reporté après que M. Juncker a averti le juge qu'il ne pourrait assister à cette séance judiciaire en tant que témoin.

Après l'apparition d'une autre rédaction de la conversation, lors de laquelle Jean-Claude Juncker et Marco Mille évoquent la mise sur écoute d'un individu ayant déclaré que la famille royale luxembourgeoise avait été impliquée dans des attaques terroristes, une nouvelle enquête criminelle a été ouverte le 4 décembre afin d'établir comment la transcription avait été modifiée.

En mai 2015, M. Juncker a déclaré sous serment qu'il n'y avait aucune «permission pour une opération complète d'écoute téléphonique». Il dément également le fait que l'enregistrement non transcrit de la conversation prouverait le contraire, déclarant que les mots qu'il avait utilisés lors de cette conversation ont créé «une grande confusion».

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Selon Frank Schneider, ancien directeur des opérations du SREL, qui était présent lorsque M. Mille a enregistré la conversation, le refus de M. Juncker d'assister à cette séance maintenant reportée l'ont privé d'un moment de justice. Selon lui, il est possible que M. Juncker ne comparaisse jamais devant le juge.

«Il n'y a que deux possibilités: soit Juncker ne comprend pas le processus judiciaire, soit il se fiche de l'état du droit au Luxembourg», a ajouté M. Schneider.

Le porte-parole du président de la Commission européenne Margaritis Schinas a expliqué que M. Juncker n'avait pas pu se présenter devant le juge en raison d'un conflit d'horaire, bien que d'autres dates lui aient été proposées.

«Le président a à plusieurs reprises expliqué qu'il était prêt à participer à ce procès en tant que témoin, mais il est président de la Commission, c'est pourquoi il faut trouver une date convenable. Je suis sûr qu'une telle date sera trouvée sans aucune difficulté», a-t-il déclaré.

M. Schneider a déclaré qu'il n'a jamais pensé «une seule minute» que M. Juncker avait ordonné la falsification de l'enregistrement, mais que la falsification des transcriptions soulevait selon lui de «sérieuses questions» quant à savoir si l'ancien Premier ministre avait autorisé les écoutes.

M. Juncker doit expliquer pourquoi il a dit au juge d'instruction qu'il n'avait pas autorisé cette mise sur écoute, alors que la transcription complète de sa conversation avec Marco Mille soulève de «sérieuses questions» sur ce qu'il en savait, a résumé M. Schneider.

L'«affaire SREL» a débuté en 2012 après une fuite qui a fait état de l'enregistrement en secret d'une conversation entre le directeur du SREL de l'époque, Marco Mille, et Jean-Claude Juncker, datant de l'année 2007. Le 10 juillet 2013, Jean-Claude Juncker a annoncé sa démission. Depuis 2014, il occupe le poste de président de la Commission européenne.

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