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Prostituées prisonnières: le litige entre Séoul et Tokyo reporté

© AFP 2021 JUNG YEON-JE South Korean protesters hold placards showing portraits of former "comfort women" during a rally against the Reconciliation and Healing Foundation outside an office of the foundation in Seoul on July 28, 2016.
South Korean protesters hold placards showing portraits of former comfort women during a rally against the Reconciliation and Healing Foundation outside an office of the foundation in Seoul on July 28, 2016. - Sputnik France
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La décision de revoir l'accord entre Séoul et Tokyo concernant les anciennes prisonnières coréennes des maisons closes militaires japonaises sera prise après la visite de la chef de la diplomatie sud-coréenne au Japon.

Mais les experts pensent qu'à l'issue des pourparlers, la guerre verbale due à l'interprétation différente qu'ont Séoul et Tokyo de l'histoire reprendra de plus belle. L'affaire pourrait même aller jusqu'à l'exigence d'une résolution parlementaire contenant des excuses officielles, écrit lundi 18 décembre le quotidien Izvestia. Cependant, cette question ne devrait pas perturber la coopération pratique.

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La ministre sud-coréenne des Affaires étrangères ‎Kang Kyung-wha se rendra la semaine prochaine à Tokyo pour une visite de deux jours. D'ici là, aucune décision ne sera prise sur la révision de l'accord controversé avec Tokyo sur les femmes détenues contre leur gré dans des maisons closes pendant l'occupation japonaise de la péninsule coréenne.

En août, le président sud-coréen Moon Jae-in a promis de revoir l'accord signé fin 2015 par sa prédécesseure. Dans cet accord, Tokyo reconnaît sa culpabilité pour les crimes des militaires japonais en 1932-1945 et s'engage à verser des indemnités (environ 8,3 millions de dollars) à toutes les victimes sud-coréennes encore en vie.

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Selon les historiens et l'Onu, près de 200.000 femmes asiatiques étaient détenues dans des «centres de détente» — des bordels militaires mis en place par les militaires japonais sur les territoires occupés par Tokyo en Asie orientale. Parmi elles se trouvaient des Chinoises et des Philippines, mais la plupart étaient originaires de Corée. Aujourd'hui, seulement 33 anciennes esclaves sexuelles sont encore en vie en Corée du Sud. Mais même des décennies plus tard et avec la mort de la plupart des victimes, cette question est restée aiguë et de principe.

«La réaction négative du Japon est assurée. Tokyo pense que cette question est déjà réglée depuis 1965, quand les relations diplomatiques ont été établies entre les deux pays. Aujourd'hui la situation s'exacerbe car les Sud-Coréens insistent sur le fait que les excuses des Japonais n'étaient pas suffisantes. Cette épine continuera de nuire aux relations bilatérales pendant encore longtemps et il ne sera pas possible de la retirer dans un avenir prévisible», estime Valeri Kistanov, directeur du Centre d'études du Japon à l'Institut de l'Extrême-Orient affilié à l'Académie des sciences de Russie.

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Séoul exigera certainement des excuses officielles inscrites dans une résolution parlementaire pour les «graver dans la pierre», estime Lauren Richardson, experte de l'université d'Édimbourg pour les relations nippo-coréennes. Après tout, les Coréens estiment que les autorités japonaises ne se sont pas suffisamment repenties et n'ont pas présenté d'excuses sincères.

Néanmoins, en dépit de ces accusations réciproques, Séoul et Tokyo n'ont jamais songé à suspendre leur coopération, comme en témoignent les manœuvres navales conjointes des USA, du Japon et de la Corée du Sud cette semaine pour la coordination des trois pays face à la menace nord-coréenne.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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