Joachim Son-Forget, un député En Marche vers le dialogue international

© AFP 2022 Fabrice CoffriniJoachim Son-Forget
Joachim Son-Forget - Sputnik France
Des tensions liées à l’assassinat d’un homme politique au Kosovo aux demandeurs d’asile albanais en passant la situation en Corée, Joachim Son-Forget, a abordé ces sujets qui lui tiennent à cœur au micro de Sputnik. La première partie de notre entretien avec cet ancien candidat à la tête de LREM.

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Médecin de formation, Joachim Son-Forget est aujourd'hui l'un des plus jeunes députés de l'Assemblée nationale et soutient la majorité depuis sa circonscription des Français de l'étranger. Ambitieux, il n'a pas hésité à proposer une liste au bureau exécutif de La République en Marche pour faire valoir sa vision du parti lors du congrès d'En Marche en 2017. Il a recueilli 17% des suffrages des marcheurs face à Christophe Castaner, favori du Président de la République et logique vainqueur.

Fort de son expérience à l'international après avoir vécu dans les Balkans, mais aussi en Suisse, il a par ailleurs gardé avec son pays de naissance, la Corée du Sud, des liens étroits qu'illustre le fait qu'il ait été nommé président du groupe d'amitié France-Corée.

Les tensions au Kosovo en ce début 2018

Joachim Son-Forget possède, de par son expérience dans les Balkans, de solides connaissances du terrain. Albanophone, observateur dans un hôpital kosovar et auteur de plusieurs notes sur le Kosovo et l'Albanie pour le Quai d'Orsay, le député livre son point de vue sur la situation de ce jeune pays.

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Il estime qu'il faut, malgré les difficultés, tenter de «garder une objectivité complète» et éviter les «propos extrêmement partisans» pour ne pas souffler sur les braises des crises passées.

Interrogé à propos de l'assassinat à Mitrovica d'Oliver Ivanovic, cet homme politique kosovar d'origine serbe, l'ancien candidat à la tête du parti de la majorité écarte l'hypothèse qu'il s'agisse d'une opposition entre Serbes et Albanais, bien que la ville, séparée entre les quartiers à majorité serbe au Nord et les quartiers à majorité albanaise au Sud, soit le foyer de tensions dès avant la déclaration d'indépendance du Kosovo.

«La situation au nord du Kosovo ne doit pas forcément être interprétée sous un prisme qui est l'opposition des Albanais du Kosovo et des Serbes du Kosovo. Ce serait une tentative malheureuse qui contribuerait à exacerber des tensions.»

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Rappelant les engagements des autorités du Kosovo concernant les minorités présentes sur le territoire, le député met l'accent sur la nécessité pour Pristina de valoriser son caractère «multiculturel». S'il ne réfute pas le fait que les considérations ethniques sont parfois à l'origine de débordements, il explique que ce n'est qu'un facteur parmi d'autres et en aucun cas une explication en soi.

«Réduire des incidents malheureux à une opposition ethnique serait délétère pour un pays qui doit continuer d'être un pays multiculturel, quand bien même la majorité serait d'origine albanaise.»

M. Son-Forget déclare comprendre les critiques faites à la justice internationale, mais rappelle à tous les acteurs qu'il faut «jouer le jeu» de cette justice, appelant le Kosovo à respecter les tribunaux pour juger des crimes de guerre, en dépit des déclarations récentes.

«On peut dire que ça peut être une justice trop lente, que certains ne la trouvent partiale, mais il faut —si on est dans un engagement démocratique et notamment sur un terrain où vivent de nombreux peuples européens- continuer à se parler, à participer aux mêmes processus et que la justice internationale puisse faire son travail avec de plus en plus d'objectivité.»

Le député considère que réconciliation et mémoire vont de pair et que l'objectivité découlant des travaux de la justice internationale permettra d'effectuer le devoir de mémoire nécessaire à une réconciliation entre Albanais et Serbes du Kosovo, malgré les tensions.

Les demandeurs d'asile albanais

Sur le dossier des Albanais ayant fait une demande d'asile en France, le jeune député est en revanche plus sévère. En 2017, les ressortissants albanais sont en effet les plus nombreux à déposer leur dossier, au détriment de nationalités plus exposées aux crises.

Le jeune député dit avoir abordé le sujet avec les services albanais et français et plusieurs ministres. Il admet qu'il est urgent de réagir, mais se félicite des «accords qui ont été faits et de la discussion qui s'est instituée» pour éviter les demandes irrecevables.

«Il y a une discussion qui s'est instituée entre les deux États sur ce problème qui pose le problème de la migration économique. Nous voulons continuer à être une terre d'accueil pour les gens qui ont besoin d'asile politique, mais il ne faudrait pas que certains continuent à venir sous des motifs fallacieux de demandes d'asile politique qui masquent des raisons économiques.»

Pour résoudre ce problème, M. Son-Forget prône le dialogue avec les autorités albanaises et souligne en ce sens la «responsabilité» de Tirana à l'heure de faire le tri entre les différentes demandes.

La situation dans la péninsule coréenne

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Originaire de Corée du Sud, Joachim Son-Forget a gardé des liens avec son pays natal, puisqu'il est aujourd'hui le président du groupe d'amitié parlementaire France-Corée. À ce titre, il défend un travail «main dans la main» avec Séoul. Pour lui, le défi que représente Pyongyang ne peut avoir de réponse qu'au niveau global.

«C'est un vrai sujet de multilatéralisme assez complexe, qui pose la question entre d'une part continuer de s'inscrire dans les règles de non-prolifération nucléaire et d'autre part la volonté d'arriver à une désescalade et de diminuer les tensions dans la péninsule.»

Le député se félicite de l'ouverture du dialogue inter-coréen «dans ce grand moment de soft power que sont les Jeux olympiques», tout en soulignant qu'il y aura une seconde étape à la suite de ces Jeux.

«Après les JO, on est toujours dans un contexte où des sanctions pèsent sur la Corée du Nord. Elles pèsent parce qu'il y a cette menace récurrente que représente le programme balistique et nucléaire et qui inquiète les pays membres permanents du Conseil de Sécurité.»

M. Son-Forget estime que, bien que les premiers concernés soient les Coréens, il est nécessaire de porter ce dialogue à l'échelle globale. La crise actuelle affecte tous les États, car elle pose le problème du rapport des pays au nucléaire, mais aussi aux menaces balistiques. Pour cette raison, le dialogue, que le député voit comme un prérequis, doit être ouvert à tous.

Le dialogue, un leitmotiv chez Joachim Son-Forget, qui insiste sur le fait que les problématiques globales doivent être résolues avec les grandes puissances, en dialoguant avec tous et «en cherchant les points de convergence, tout en étant ferme quand il existe des points de divergence». 

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