Afrine: Rameau d’olivier contre Chasse au renard

© Sputnik . Mikhaïl Alaeddine / Aller dans la banque de photosLa ville d'Afrine
La ville d'Afrine - Sputnik France
Dans la région d’Afrine, la situation humanitaire est proche de la catastrophe. Les habitants, que les bombardements ont obligés à trouver refuge dans des cavernes, souffrent d’une pénurie d’eau potable, de vivres et de médicaments. Un envoyé spécial sur place de Sputnik témoigne.

Mikhaïl Alaeddine, envoyé spécial de Sputnik, est l'un des premiers journalistes à s'être rendu dans la région d'Afrine, dans le nord de la Syrie, où l'armée turque, secondée par les combattants de l'Armée syrienne libre, a lancé une opération militaire contre les unités kurdes baptisée Rameau d'olivier. Les Kurdes appellent entre eux leur opération Chasse au renard

© Sputnik . Mikhaïl Alaeddine / Aller dans la banque de photosLes habitants de Jenderes ont trouvé asile dans une caverne
Les habitants de Jenderes ont trouvé asile dans une caverne - Sputnik France
Les habitants de Jenderes ont trouvé asile dans une caverne

Les rencontres du journaliste avec les habitants de la région ont mis en évidence les souffrances que le conflit entre les Turcs et les Kurdes cause à la population civile.

Mikhaïl Alaeddine s'est rendu à Jenderes avec Abdul, médecin diplômé d'une université soviétique.

La ville se trouve à 30 km d'Afrine et la route est bordée d'interminables rangées d'oliviers: la région d'Afrine est le principal producteur d'huile d'olive et de savon en Syrie et compte, au total, plus de 40 millions d'arbres.

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Le sous-sol est divisé en deux secteurs. Le premier abrite des Kurdes, habitants de la ville, et l'autre, des réfugiés arabes arrivés à Jenderes depuis des provinces voisines il y a quelques années.

Un homme âgé raconte qu'ils ne sortent que de jour et jamais pour longtemps, juste pour aller chercher de la nourriture dans des courtes pauses entre les bombardements qui se produisent toujours à la même heure.

Dans la vieille ville, les maisons sont presque entièrement détruites. Même la mosquée n'a pas été ménagée. Dans le plafond, l'on voit trois grands orifices dus à des projectiles. Des obus sont également tombés sur le cimetière attenant.

De nombreux habitants de la ville ont préféré fuir les bombardements et se réfugier à la campagne.

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Mikhaïl Alaeddine s'est rendu dans un village peuplé d'habitants de Jenderes. Le village est entouré de montagnes et compte environ 10.000 habitants. Selon son doyen, Haltan Hassan Vassouk, la situation humanitaire y est catastrophique: les gens souffrent d'une pénurie d'eau potable et de vivres.

«Il fait plus ou moins calme et tous sont sortis dehors pour respirer de l'air frais. Dans les cavernes l'humidité est élevée, et les enfants ont des problèmes de respiration et de poumons. Nous espérons que la communauté internationale ouvrira enfin les yeux sur la situation et nous enverra de l'aide, des médicaments surtout», a signalé Vassouk.

© Sputnik . Mikhaïl Alaeddine / Aller dans la banque de photosLa situation à Afrine
La situation à Afrine - Sputnik France
La situation à Afrine

«Nous espérons que la Russie fera pression sur Erdogan pour que la guerre s'achève le plus vite possible et que nous puissions reprendre le travail et revenir à la vie normale. Nous croyons en la Russie, c'est notre unique espoir», lance Vassouk au moment de se séparer.

Abdul a raconté qu'avant le début de l'opération, une politique de paix avait été appliquée dans la région. Dans toutes les localités le port d'arme était interdit pour réduire au minimum le sentiment de guerre. Même les policiers devaient dissimuler leur arme.

Selon les autorités, la ville d'Afrine est actuellement peuplée d'environ 1,2 million d'habitants, dont 400.000 sont des habitants d'origine. De nombreux réfugiés sont arrivés à Afrine, car pendant ces sept années de guerre en Syrie, ce fut un îlot de paix et de stabilité.

À présent, des engins de chantier creusent des fossés et construisent des fortifications autour de cet îlot.

«C'est à tout hasard, si les Turcs parviennent à percer. Ce dont je doute fort», explique Abdul.

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