Situation en Syrie: quel avenir pour le trio Moscou-Téhéran-Ankara et ses initiatives?

© Sputnik . Dmitriy Vinogradov / Aller dans la banque de photosSituation in Maaloula, Syria
Situation in Maaloula, Syria - Sputnik France
Depuis le début de l’année, l’intensité des affrontements entre les parties en conflit en Syrie a sérieusement augmenté. Sputnik a discuté des perspectives du processus d’Astana, format de négociations sur l’avenir de la Syrie, sur fond du regain de violence, avec l’analyste politique Fédor Loukoïanov.

char turc, Afrine - Sputnik France
«L’opération en Syrie sert à assurer pour Ankara un nouveau rôle à Genève et à Sotchi»
Un des mécanismes du règlement de la crise syrienne, le processus d'Astana, lancé en janvier 2017 grâce à la coopération tripartite de la Russie, de la Turquie et de l'Iran fait face à l'intensification du conflit syrien. Sputnik a interrogé l'analyste politique Fédor Loukoïanov sur l'efficacité de ces instruments.

L'apparition du trio Moscou-Astana-Téhéran a sensiblement changé la situation autour du conflit syrien et le dialogue inter-syrien a considérablement avancé, estime M.Loukoïanov.

«Le processus d'Astana, quoi qu'en disent ses critiques, a fondamentalement changé toute la situation, vers une stabilisation», a-t-il déclaré.

D'un autre côté, la situation actuelle en Syrie et au Proche-Orient en général demande un élargissement de ce format tripartite.

«Un engagement d'autres États est essentiel, des pays arabes, tout d'abord, de l'Arabie saoudite, malgré toutes les difficultés dans les relations entre la Russie et l'Arabie saoudite, l'Iran et l'Arabie saoudite», a ajouté M.Loukoïanov.

Il n'a de plus pas exclu la possibilité d'une participation d'autres puissances régionales, tels que l'Égypte ou les Émirats arabes unis.

Preparations for Congress of Syrian National Dialog in Sochi - Sputnik France
Congrès du dialogue syrien de Sotchi et pourparlers de Genève: quelle est la différence?
L'autre résultat de cette coopération est le Congrès du dialogue national syrien qui a eu lieu le 30 janvier à Sotchi. À l'issue de cette réunion, 12 principes du règlement pacifique ont été adoptés, la formation d'une commission constitutionnelle a été proclamée.

Cela étant, l'interlocuteur de Sputnik rappelle que les progrès accomplis à Sotchi et Astana ne relèguent pas à un second rôle les pourparlers à Genève.

«Toutes les choses reviendront finalement à Genève. C'est le seul organe qui est capable de valider le processus de paix et de le légitimer. C'est l'Onu [les pourparlers à Genève sont menées sous l'égide de l'Onu depuis 2016, ndlr]», a-t-il déclaré.

Ces plateformes de pourparlers et du règlement syrien se complètent mutuellement. Ainsi, selon la déclaration finale du Congrès du dialogue national syrien, la sélection des membres de la commission constitutionnelle doit être effectuée dans le cadre du processus de Genève.

«Le processus d'Astana a ses limites internes. Il a été absolument nécessaire et crucial à une certaine étape. En fait, la capacité de la Russie, de la Turquie et de l'Iran à s'entendre sur certaines choses, malgré une grande divergence de nombreux intérêts, a montré la possibilité d'une transition vers une autre phase [du processus de paix, ndlr]», a constaté M.Loukoïanov.

Bien sûr, ce n'est pas la résolution finale, c'est une étape intermédiaire, dont le format doit être élargi. Bien qu'il soit très important et précieux, a conclu l'interlocuteur de Sputnik.

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