Skripal: «Il y aurait un coup de maître à jouer de la part de Vladimir Poutine»

Suite à l’affaire Skripal, plus de 120 diplomates russes ont été expulsés des pays occidentaux. En réplique, le 29 mars, Moscou fermait le consulat américain de Saint-Pétersbourg. Invité de Sputnik, Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France à Moscou, proposait une alternative, afin d’enrayer l’escalade des tensions.

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Comment répondre aux expulsions des diplomates russes? Déjà, Serguei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe annonçait le 19 mars l'expulsion de 60 diplomates américains, ainsi que la fermeture du consulat américain de Saint-Pétersbourg. Mais la problématique est bien différente avec les Européens, notamment avec la France qui a expulsé quatre diplomates russes, mais qui maintient la visite du président Macron en Russie le 24 et le 25 mai prochains.

Lors de l'émission le Clash traitant de l'affaire Skripal, Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France à Moscou, auteur en 2018 du livre «Vivre avec Poutine» chez Temporis, était notre invité. Le diplomate français imagine pour la Russie une rupture par rapport au schéma habituel en pareil cas:

«Il y aurait un coup de maître à jouer de la part du président de la Russie, Vladimir Poutine, qui serait de s'abstenir de répondre dans l'immédiat pour ce qui concerne les États membres de l'Union européenne.»

Claude Blanchemaison estime ainsi que Vladimir Poutine pourrait sortir grandi de cette épreuve:

«Pourquoi ne pas attendre de façon à prendre l'initiative d'enrayer l'escalade, car ça va être ça le sujet suivant et probablement aussi la visite du président de la République française à Saint-Pétersbourg, c'est comment enrayer l'escalade. Ça sert à quoi de faire des rétorsions qui appelleront d'autres mesures de rétorsion?»

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Claude Blanchemaison relativise le nombre de ces expulsions russes, expliquant les mécanismes de ces renvois: «Ça n'est pas une affaire d'État, bien sûr, ça crée une certaine situation politique et un certain malaise, mais ces diplomates au bout de quelque temps, ils sont remplacés et ça n'empêche pas les ambassades et les consulats de fonctionner […] donc c'est un signal, mais ça n'a rien à voir avec la rupture des relations diplomatiques et c'est même bien moins important que le rappel d'un ambassadeur […] C'est une mesure symbolique calibrée».

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