Menacer de la Troisième guerre mondiale ferait-il partie de la stratégie de Trump?

© AP Photo / Carolyn KasterDonald Trump
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«La Russie promet d'abattre tous les missiles tirés contre la Syrie. Tiens-toi prête, Russie, car ils arrivent, beaux, neufs et "intelligents!"», a écrit Donald Trump sur Twitter.

Pour appuyer les propos de Trump sur l'éventuelle frappe US contre la Syrie, la marine des USA a envoyé en Méditerranée un groupe aéronaval mené par le porte-avions Harry S. Truman, composé d'un croiseur lance-missiles et de quatre destroyers dotés de missiles de croisière Tomahawk. Selon le journal russe Nezavissimaïa gazeta.

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De toute évidence, la sortie en mer du groupe aéronaval était manifestement prévue d'avance mais l'intensité accrue des vols de l'aviation américaine prête à penser que derrière les propos de Donald Trump se trouve plus qu'une simple bravade et qu'une volonté de se vanter une fois de plus de son «bouton rouge».

On pourrait penser: voilà l'apocalypse que tant prédisaient. Après tout, le général Valeri Guerassimov, chef d'état-major des forces russes, laisse entendre clairement et depuis longtemps qu'en cas d'attaque contre des sites en Syrie l'armée russe «prendra des contremesures aussi bien contre les missiles que contre leurs vecteurs». Cependant après cela, avec un intervalle d'une heure, Trump publie systématiquement des messages qui mettent tout sens dessus dessous.

Il écrit d'abord que «toute l'hostilité avec la Russie est provoquée par l'enquête fake et corrompue menée par ceux qui sont loyaux envers les démocrates ou qui ont travaillé avec Obama». Ensuite, on lit que les relations entre les USA et la Russie «sont aujourd'hui pires que jamais, y compris pendant la Guerre froide. Mais il n'y a pas de raisons à cela. La Russie a besoin de notre aide pour son économie, ce qui est très facile à faire, et c'est pourquoi tous les pays doivent agir ensemble. Stopperons-nous la course aux armements?»

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La dernière phrase détient probablement la clef pour comprendre pourquoi le chef du Bureau ovale a organisé toute cette «ouverture» (ou aventure?) concernant la frappe contre la Syrie. En prenant probablement trop à cœur les vidéos montrées dans la partie finale de l'allocution du président russe Vladimir Poutine devant l'Assemblée fédérale russe, l'homme d'affaires et showman Trump a décidé de «travailler» avec le Kremlin à sa manière habituelle: intimider, effrayer, stupéfier par sa puissance terrifiante et ensuite… proposer des négociations. Directement dans le style des pirates de la saga sur Jack Sparrow.

De toute évidence, cette tactique a marché avec la Corée du Nord dont le dirigeant, après avoir rencontré le président chinois Xi Jinping, a proposé une rencontre au président américain — que ce dernier a immédiatement acceptée. Cette tactique a également fonctionné avec les partenaires de l'Otan. Peu de temps après son investiture, Donald Trump a menacé les États membres de l'Otan de cesser de verser l'argent des contribuables américains au budget otanien commun si les autres pays ne commençaient pas eux-mêmes à dépenser davantage pour la défense (en 2017, les dépenses américaines pour la défense représentaient 71,7% de l'ensemble des dépenses de l'Alliance). Cela avait eu son effet.

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Comme l'a indiqué en mars le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg pendant la présentation de son rapport sur le bilan de l'activité de l'Otan en 2017, les pays membres ont enfin commencé à augmenter leurs dépenses militaires. «Pendant trois années consécutives nous avons assisté à une hausse des dépenses pour la défense en Europe et au Canada, ce qui a apporté finalement 46 milliards de dollars supplémentaires», a souligné Jens Stoltenberg. D'après ce dernier, en 2017 les pays européens de l'Alliance et le Canada ont augmenté leurs dépenses militaires de presque 5%.

Il est tout à fait possible que le président Trump ait choisi la même tactique dans sa rivalité avec le président Poutine: intimider, stupéfier et ensuite proposer des négociations sur un large éventail de questions, y compris le désarmement. Mais qu'arriverait-il si les nerfs d'un militaire lâchaient dans cette situation et s'il appuyait sur le bouton fatidique?

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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