Iran, Israël, Arabie saoudite, Syrie… Trump met-il le feu aux poudres?

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Les États-Unis se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien, Israël et l’Arabie saoudite applaudissent. Alors que l’État hébreu se prépare à d’éventuelles ripostes iraniennes à ses frappes en Syrie, faut-il craindre un risque d’escalade de la violence entre puissances régionales? Le géopolitologue Alexandre Del Valle répond.

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Alors que le risque de guerre au Moyen-Orient est palpable, les États-Unis se sont retirés «avec fracas et unilatéralement» de l'accord iranien. Dans la foulée de la déclaration de Donald Trump, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré soutenir «totalement la décision courageuse prise aujourd'hui par le Président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire» avec la République islamique, son rival de toujours. Daesh vaincu, l'Iran est à nouveau l'ennemi public numéro 1, d'après le géopolitologue Alexandre Del Valle.

«Les Israéliens ont les mains libres pour aller plus loin dans la lutte contre les avancées iraniennes et chiites pro-iraniennes. Comme il n'y a plus l'ennemi principal, Daesh, maintenant, une autre guerre s'ouvre, celle d'Israël et de l'Iran, par Syrie interposée.»

Israël cherche à contrer la présence iranienne au Liban et en Syrie, mais ces derniers temps, les tensions se sont accrues. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au lendemain de l'annonce américaine, un dépôt d'armes iranien près de Damas a été la cible d'une frappe, imputée à Israël par la Syrie, tuant 15 combattants pro-régime, dont huit Iraniens.

«On va avoir des représailles plus intenses et plus régulières, voire massives, de l'armée israélienne contre les intérêts iraniens»,

comme en témoignent des frappes aériennes menées en février, en réponse à l'introduction d'un drone iranien dans le ciel israélien. En avril, Israël a été accusé à nouveau d'avoir bombardé la base aérienne syrienne «T4» dans la province de Homs, contrôlée par Téhéran. Déterminé à empêcher l'implantation de Téhéran en Syrie, Israël est soupçonné d'avoir frappé des entrepôts de missiles dans la région d'Hama, qui aurait tué dix-huit conseillers militaires iraniens.

«Les Iraniens voudraient, comme les Russes, étendre ou implanter des bases en Syrie et dans la mesure où les Russes n'ont pas réussi à convaincre les Iraniens de ne pas renoncer totalement à cela, ce sont les Israéliens qui vont s'occuper de convaincre, par d'autres moyens, de ne pas s'implanter.»

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Le Golan, ce plateau syrien occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours de 1967, est plus que jamais sous tension. Au moment où Donald Trump annonçait sa décision, l'armée israélienne a indiqué avoir demandé aux autorités locales du plateau du Golan, au nord d'Israël, d'ouvrir et de préparer les abris antimissiles en raison «d'activités inhabituelles des forces iraniennes en Syrie», de l'autre côté de la ligne de démarcation. Carrefour hautement stratégique situé au sud-ouest de la Syrie, entouré par le Liban, la Jordanie et Israël, le plateau du Golan est hautement stratégique.

«Une guerre n'est pas à écarter, ou des raids punitifs israéliens sur des installations balistiques ou nucléaires Iraniennes», estime Alexandre Del Valle, car l'Iran, «ne voulant pas redevenir plus sage, va devoir affronter cette alliance», constituée d'Israël, des États-Unis et de l'Arabie saoudite, l'autre poids lourd du Moyen-Orient, qui soutien des camps opposé en Syrie, au Yémen et au Liban, là où se joue le plus «cette rivalité entre le monde chiite iranien et le monde sunnite pro-occidental.»

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Isolé, l'Iran doit aussi affronter une forte instabilité interne qui, si elle conduit à un «durcissement du régime iranien, ce serait un bon prétexte pour bombarder l'Iran. C'est peu probable, mais on ne l'écarte plus», poursuit M. Del Valle. L'Iran doit faire face à des problèmes économiques, des mouvements de contestation depuis le début de l'année, ainsi qu'à d'importantes rivalités politiques intérieures… autant d'éléments qui pourraient définitivement mettre en péril le régime, estime le géopolitologue:

«Une très grosse instabilité, avec des minorités qui sont contre le régime. Il y a une rivalité énorme en régime et anti-régime et à l'intérieur même du régime. Ce sont des conditions favorables pour faire un "regime change".»

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