L’aide au développement «ne freine pas du tout les migrations, elle l’accélère»

Le Désordre mondial avec Rachel Marsden
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Alors que la crise migratoire se poursuit de plus belle, Rachel Marsden revient sur la problématique des réfugiés climatiques avec Jean-Paul Gourévitch, spécialiste des migrations, auteur de Les véritables enjeux des migrations et Jean-Claude Félix-Tchicaya, spécialiste de l’Afrique et chercheur à l’IPSE.

La Banque Mondiale et les Nations unies ont publié récemment des rapports alarmants sur d'éventuelles crises migratoires engendrées par les dérèglements climatiques d'ici 2050. Si les États n'anticipent pas des solutions, la Banque Mondiale prévoit ainsi que 143 millions de personnes pourraient fuir leur foyer dans les 30 années à venir.

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Mais qui sont exactement les réfugiés climatiques? Jean-Paul Gourévitch, auteur de Les véritables enjeux des migrations aux Éditions du Rocher, estime en premier lieu que ces termes utilisés dénotent une idéologie subjacente:

«On le voit dans le vocabulaire, les uns parlent de migrants climatiques, les autres parlent de réfugiés climatiques. Autant dire qu'on considérerait que les réfugiés climatiques sont comme des réfugiés politiques, ça veut dire qu'ils auraient le droit à une sorte d'asile. Même si les chiffres donnés, 150-250 millions sont peut-être un peu exagérés et en tout cas non vérifiables, ça voudrait dire que l'Europe va être confrontée à une arrivée absolument massive de migrants auxquels elle n'est pas préparée et auxquels elle ne pourra pas fournir du travail.»

Le spécialiste des migrations rappelle les situations très variées de que vivent ces réfugiés: «en Afrique, le danger climatique, c'est la sécheresse, la désertification, la salinisation des sols, les conflits entre pasteurs et agriculteurs. En Asie, c'est essentiellement les typhons et les tempêtes. Dans toutes les îles, c'est la crainte de la montée des océans.»

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Et les dangers les plus graves sont ainsi devant nous. Jean-Claude Félix-Tchicaya, spécialiste de l'Afrique et chercheur pour l'Institut de Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) avertit:

«S'il n'y a pas d'anticipation, nous allons vers des catastrophes en Europe, mais pas seulement. Les migrations intra-africaines qui sont donc supérieures à celles qui viennent en Europe sont souvent un départ d'un village à un autre, d'une ville à une autre. L'urbanisation des grandes villes africaines, on peut dire qu'il y a une bidonvilisation liée aux questions climatiques et au climat politique.»

Mais comment les pays occidentaux doivent-ils répondre à ces problématiques climatiques? L'aide au développement est-elle réellement une solution viable? Pour Jean-Paul Gourévitch, la question est claire, si l'aide au développement a un effet positif sur le quotidien, elle encourage pourtant les migrations:

«Elle ne freine pas du tout les migrations, elle l'accélère. Pour réussir une migration, il faut d'un côté avoir une capacité financière […] il faut une capacité relationnelle […] et il faut avoir quelque chose à vendre, soit sa force de travail, soit son intelligence. Que fait l'aide au développement? Elle augmente la capacité à vendre, parce qu'elle développe la formation, elle augmente la capacité financière et elle augmente la capacité relationnelle.» 

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