Un journal turc évoque «une piste palestinienne» dans le meurtre de Khashoggi

© REUTERS / BeawihartaUn manifestant tenant une pancarte avec la photo de Jamal Khashoggi
Un manifestant tenant une pancarte avec la photo de Jamal Khashoggi - Sputnik France
Le Palestinien Mohammed Dahlan, exilé aux Émirats arabes unis après avoir été exclu du Fatah, aurait joué un rôle important dans la préparation du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Selon un média turc, Dahlan, «assassin» du prince héritier d'Abou Dabi, aurait préparé le groupe spécial pour éliminer les traces du meurtre de Khashoggi.

Le journal turc Yeni Safak a évoqué une piste palestinienne dans le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Selon le média, un groupe, composé de quatre personnes, qui est arrivé à Istanbul pour éliminer par la suite les traces de l'assassinat de l'éditorialiste saoudien, avait été envoyé du Liban par Mohammed Dahlan que le quotidien Yeni Safak qualifie d'«assassin principal» de Mohammed ben Zayed al-Nahyane, prince héritier d'Abou Dabi, dont il était le conseiller pour la sécurité depuis qu'il avait abandonné la lutte pour la liberté et l'indépendance du peuple palestinien. Il a été exclu en juin 2011 du mouvement du Fatah, fondé par Arafat.

Jamal Khashoggi - Sputnik France
Un lieu où le corps de Jamal Khashoggi aurait été jeté découvert
Selon les informations communiquées par la source du journal turc, Dahlan a joué un rôle important dans la création du «groupe de couverture» composé de quatre personnes qui avait été chargé d'éliminer les traces du meurtre de Khashoggi. Le même groupe est derrière l'assassinat d'un activiste clé du mouvement Hamas, Mahmoud Abdel Rauf al-Mabhouh, tué en janvier 2010 aux Émirats arabes unis, toujours selon la même source.

De plus, il a été signalé que les membres du groupe étaient arrivés du Liban à Istanbul le 1er octobre et étaient entrés dans le consulat saoudien le jour de l'assassinat de Khashoggi, selon les enregistrements des caméras de vidéosurveillance.

D'après le journal, des enquêteurs turcs ont découvert des traces d'«acide fluorhydrique et d'autres agents chimiques» dans le puit situé dans la résidence du consul général saoudien à Istanbul. On suppose que le corps de Khashoggi aurait pu être dissout dans des agents chimiques.

Jamal Khashoggi - Sputnik France
Affaire Khashoggi: Ankara aurait un 2e enregistrement discréditant la version saoudienne
Le procureur général saoudien a requis jeudi la peine de mort contre cinq accusés pour leur rôle dans le meurtre de Jamal Khashoggi, affirmant que le journaliste avait été «drogué, tué et démembré» au consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre, mais le royaume a totalement dédouané le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Selon le procureur saoudien, une équipe a été dépêchée à Istanbul avec pour mission de ramener le journaliste de gré ou de force à Riyad, mais son chef a pris sur place la décision de le tuer sans consulter ses supérieurs.

Il a affirmé que le journaliste avait alors été «drogué et démembré» dans la mission diplomatique et que ses restes avaient ensuite été remis à un «collaborateur» à l'extérieur du consulat.

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Le corps de Jamal Khashoggi aurait été dissout dans de l’acide
Jamal Khashoggi a été tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul où il s'était rendu pour effectuer des démarches administratives. Après avoir d'abord nié le meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par reconnaître que l'éditorialiste avait trouvé la mort lors d'une opération «non autorisée». Plus d'un mois après sa mort, son corps n'a toujours pas été retrouvé. Les autorités saoudiennes démentent avoir ordonné son assassinat.

La Turquie mène sa propre enquête sur cet assassinat. Le 31 octobre, le procureur général d'Istanbul a annoncé que, dès son arrivée au consulat, Jamal Khashoggi avait été tué par strangulation, son corps ayant par la suite été démembré. Il a souligné le caractère prémédité de ce crime, élément qu'avait donné le parquet saoudien le 25 octobre.

Le journaliste s'était exilé en 2017 aux États-Unis et publiait régulièrement dans le journal The Washington Post des tribunes critiques envers l'héritier du trône saoudien, le prince Mohammed ben Salmane Al Saoud.

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