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L'état d'urgence contre les Gilets jaunes: «l'effet serait soit nul soit négatif»

© SputnikGilets jaunes le 1 décembre 2018 à Paris
Gilets jaunes le 1 décembre 2018 à Paris - Sputnik France
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La France pourrait-elle instaurer l'état d'urgence pour mettre un terme aux violences commises en marge de la mobilisation des Gilets jaunes, notamment celles du 1er décembre dernier? Si ce n'est pas un «tabou» pour le ministre de l'Intérieur, Christian Vallar, avocat au barreau de Nice, estime au micro de Sputnik que ce n'est pas une solution.

«Pas de tabou» quant à une éventuelle instauration de l'état d'urgence: c'est ce qu'a déclaré Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 1er décembre dernier en réponse aux violences ayant terni l'acte 3 des Gilets jaunes à Paris.

Et si le gouvernement n'a pas fermé la porte à un retour à l'état d'urgence, c'est que la mobilisation sur les Champs-Élysées mêlant casseurs aux motivations les plus diverses et Gilets jaunes a dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. Et le bilan est lourd: 263 blessés, un mort et 378 mises en garde à vue.

Gilets jaunes le 1 décembre à Paris - Sputnik France
Le soutien aux «gilets jaunes» ne faiblit pas malgré les scènes de violence
Loin d'être anodine, l'instauration de l'état d'urgence réduit les droits de tous les citoyens, sans apporter aucune garantie au pouvoir exécutif de pouvoir reprendre le contrôle du mouvement de contestation des Gilets jaunes, qui jouit d'un fort soutien de l'opinion publique, explique Christian Vallar, avocat au barreau de Nice et doyen de la faculté de Droit et de sciences politiques de l'Université Nice —Sophia Antipolis (UNS):

«Dans le fond, ça ne changerait pas grand-chose. L'état d'urgence permet l'interdiction en réunion, mais n'aurait que peu de prises sur ce mouvement [des Gilets jaunes, ndlr] qui n'en est pas un. C'est un effet d'annonce politique», assure Christian Vallar.

En revanche, l'avocat alerte quant à une éventuelle réinstauration de l'état d'urgence, qui serait selon lui «contre-productive».

«Cela calmerait-il la situation? Non, je ne pense pas. L'état d'urgence renvoie à 2015, à la menace terroriste. L'effet pratique, psychologique, serait soit nul, soit négatif», observe le doyen de la faculté de Droit et de sciences politiques de l'UNS.

Vidéo «édifiante sur la violence subie» par les CRS sur les Champs-Élysées (image d'illustration) - Sputnik France
Vidéo «édifiante sur la violence subie» par les CRS sur les Champs-Élysées
D'autant qu'alors que certains membres des forces de l'ordre sont sortis ces derniers jours de leur réserve pour afficher leur fatigue, voire leur exaspération. Instaurer l'état d'urgence reviendrait à faire peser davantage de poids sur leurs épaules, et donc à augmenter le risque de bavures… ou de mise en retrait des forces de l'ordre.

«Ça ferait des taches supplémentaires. On a vu [le 1er décembre] une grande maîtrise des forces de l'ordre, mais il y a eu beaucoup de blessés et il y a de l'épuisement», déclare Christian Vallar.

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