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Force spatiale française: «Le CNES participe à la plupart des satellites militaires»

© Sputnik . Alexei Filippov / Aller dans la banque de photosDécollage du lanceur Soyouz-FG avec le vaisseau spatial Soyouz MS-10
Décollage du lanceur Soyouz-FG avec le vaisseau spatial Soyouz MS-10 - Sputnik France
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Y aura-t-il une «space force» française? Une idée de Donald Trump, reprise en septembre dernier par Florence Parly. Avec 3,6 milliards d'euros pour les 6 prochaines années, le budget du spatial militaire confirme cet intérêt. Pour Jean-Yves Le Gall, son président, la création d'une telle force n'est pas saugrenue. Explications.

Si 2018 a été l'année du 100e lancement de la fusée Ariane, elle a aussi vu le grand retour de la «guerre des étoiles», dont Donald Trump s'est fait le chantre en déclarant vouloir créer une space force au sein de l'armée américaine.

Une posture également adoptée par la France à la fin de l'année. Lors d'un déplacement au centre spatial de Toulouse le 7 septembre dernier, Florence Parly, ministre des Armées, avait dénoncé l'activité suspecte d'un satellite russe à proximité d'un satellite de communication européen et s'était montrée favorable au «renforcement de l'autorité du commandement interarmées de l'espace» créé en 2010, voire à la création d'une force spatiale.

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Pour Jean-Yves Le Gall, la question du militaire spatial est quelque peu embarrassante, puisque le CNES participe directement à l'élaboration de satellites militaires. Lors de la conférence de presse annuelle du Centre national d'études spatiales (CNES), il préférait visiblement se concentrer sur le bilan 2018, qualifié «d'extraordinaire» du fait de la «moisson de succès» qu'elle a connue. Pourtant, lorsqu'on lui demande si le traité des Nations unies sur l'espace extra-atmosphérique, qui limite les activités militaires dans l'espace, doit être renégocié, il explique:

«Nous travaillons souvent avec l'Onu. Il y a peut-être des raisons de renégocier cette charte, mais au-delà du "wishful-thinking" [vœux pieux, ndlr], il n'y a pas de propositions concrètes.»

Loin de prendre ses rêves pour des réalités, le président du centre d'études spatiales explique faire preuve de pragmatisme et a par conséquent salué les évolutions de la loi de programmation militaire 2019-2025, qui augmente le budget accordé au domaine spatial et porte les investissements à 3,6 milliards d'euros sur la période.
Le but, assumé par Florence Parly lors de sa visite à Toulouse en septembre 2018, est de renouveler les satellites d'observation et de communication, de moderniser la surveillance radar et de se doter de «capacité d'action» dans l'espace, c'est-à-dire de développer des armes antisatellites.

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Mais Jean-Yves Le Gall a rappelé lors de la conférence de presse annuelle du CNES que, si la France entend accélérer le développement du militaire spatial, de nombreux pays comme la Chine, les États-Unis, la Russie ou le Japon, «lancent aujourd'hui beaucoup plus de satellites militaires que l'Europe».

Interrogé sur les recommandations faites par le CNES au Président de la République concernant la défense spatiale, Jean-Yves Le Gall botte en touche et déclare:

«Le plan a été envoyé au Président de la République, pas au président du CNES. Le CNES est au service de la Défense et a une activité duale. Aujourd'hui, la plupart des satellites militaires en orbite compte sur une participation du CNES. Nous attendons les décisions qui seront prises.»

Pourtant, Jean-Yves Le Gall le rappelle: le CNES est engagé pour la paix et l'aide humanitaire, puisque son réseau de satellite est mobilisé en cas de catastrophes naturelles.

«Nous avons mis en place un programme pour aider à la reconstruction des États sinistrés. Nous sommes en ce moment à Haïti.»

Alors que la rigueur budgétaire est de mise, l'investissement public dans le domaine spatial va augmenter de près de 14% en 2019 pour atteindre 1,9 milliard d'euros, ce qui, de l'avis de Jean-Yves Le Gall, «démontre que le spatial est une très haute priorité».

Mais quelle part de cette somme sera destinée à la création d'une «space force» à la française? Rien n'est sûr, mais il y a fort à parier que le militaire l'emportera sur le civil un contexte délétère où la ministre des Armées dénonce des tentatives d'espionnage sur les satellites européens.

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