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150 ans du tableau de Mendeleïev: la quête de nouveaux éléments ne finit pas en Russie

© Sputnik . Alexandr Krjazhev / Aller dans la banque de photosCollisionneur. Image d'illustration.
Collisionneur. Image d'illustration. - Sputnik France
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150 ans après la parution du tableau de Mendeleïev, la quête de nouveaux éléments chimiques se poursuit dans le Laboratoire des réactions nucléaires Fliorov à Doubna, au nord de Moscou. Sputnik s'est entretenu avec son directeur adjoint.

À l'occasion du 150e anniversaire de la classification périodique des éléments établie en 1869 par le chercheur russe Dmitri Mendeleïev, Sputnik a rencontré le directeur adjoint du Laboratoire des réactions nucléaires Fliorov à Doubna, Andreï Popeko, pour parler des perspectives des travaux visant à découvrir de nouveaux éléments chimiques.

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Aujourd'hui, le tableau de Mendeleïev compte 118 éléments allant de l'hydrogène H à l'oganesson Og. Les employés du laboratoire Fliorov se préparent actuellement à entamer des expériences ayant pour but d'en synthétiser deux nouveaux avec recours à la fusion nucléaire, méthode proposée dans les années 1950 indépendamment par des chercheurs soviétiques et américains.

«Pour y parvenir, il faut avoir des accélérateurs. Pour que les noyaux fusionnent, il faut les faire entrer en contact. Cela nécessite une accélération jusqu'à 10% de la vitesse de la lumière», explique l'interlocuteur de l'agence.

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Il est impossible de faire collisionner des noyaux de divers éléments à l'infini, poursuit-il. En théorie, tout doit finir avec la collision de deux noyaux d'uranium (92 + 92 = 184). «Après ça, il n'y a rien à fusionner. Il y a là de nouvelles limitations physiques, et les noyaux trop lourds ne fusionnent pas», indique M.Popeko.

La question financière s'invite elle aussi inévitablement dans les recherches: «Tous cela, c'est bien onéreux». «Par exemple, pour la synthèse, il convient d'utiliser le calcium 48. Il est très rare dans la nature, son prix est de 280 dollars pour un milligramme. L'or coûte quatre centimes de dollars pour un milligramme», compare le scientifique. Cependant, les recherches apportent parfois des bénéfices inattendus:

«Internet en est un simple exemple. Il est apparu en raison de la nécessité d'organiser l'échange de données entre les participants à une expérience sur des particules élémentaires. Je crois qu'internet a déjà justifié toutes les dépenses sur les sciences fondamentales. Et pourtant, il s'agit d'un sous-produit», raconte M.Popeko.

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Toujours d'après lui, l'accélérateur de particules installé à Doubna «travaille sans répit 24 heures par jour et 7 jours par semaine». «Cela nous donne un atome de l'élément 118 par mois. Depuis le début des études, nous avons obtenu cinq atomes», raconte-t-il.

Le chercheur dément toute différence entre les éléments «naturels» et synthétisés. Quant aux sources hypothétiques de nouveaux éléments, M.Popeko cite notamment les étoiles à neutrons qui pourraient contenir «tout ce qu'on veut» en leur intérieur et dont chacune représente dans les faits «un noyau géant avec le numéro atomique 10 à la puissance 57».

Est-ce la fin du tableau de Mendeleïev? Rien n'est à exclure: les chercheurs ont baptisé la «zone» qui sépare l'élément 118 et les étoiles à neutrons «désert nucléaire», souligne le scientifique. «Or, il reste la question principale: est-ce qu'il y a quelque chose là-dedans?», relativise-t-il.

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