Un imam condamné à de la prison ferme en France pour trafic de migrants à travers la Manche

© AP Photo / Matt DunhamLa Manche (archive photo)
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L’imam iranien d’une mosquée de Rouen a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir facilité le passage de migrants vers la Grande-Bretagne, écrit l’AFP.

Un imam de la banlieue de Rouen, âgé de 39 ans, a été condamné lundi par le tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) à trois ans de prison dont un avec sursis, pour avoir fourni des bateaux pneumatiques à des migrants, afin de leur permettre de rejoindre la Grande-Bretagne. Le condamné a été également interdit de séjour dans le Nord et le Pas-de-Calais pendant 5 ans.

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Selon l’AFP, le tribunal a en outre condamné à 18 mois de prison, dont 9 avec sursis, un fidèle sénégalais de la mosquée, avec interdiction de séjour dans les deux départements pendant trois ans.

Au cours de l’enquête, débutée fin mars après la découverte de gilets de sauvetage, de pulls mouillés et d’une embarcation pneumatique échouée sur la plage d'Escalles (Pas-de-Calais), la police a retrouvé au domicile du religieux -un Iranien réfugié politique en France-, deux bateaux, trois moteurs, et une vingtaine de gilets de sauvetage. L'un des fidèles de la mosquée, ressortissant sénégalais, a également été interpellé.

En garde à vue, les deux hommes ont reconnu les faits, assurant avoir agi pour le compte d'un troisième individu, jamais identifié par les enquêteurs. Selon les investigations, les deux hommes auraient ainsi acheté sept bateaux, entre le 27 décembre 2018 et le 30 avril 2019.
À la barre, les accusés ont affirmé n'avoir compris que tardivement que les navires permettaient à des clandestins de tenter de traverser la Manche.

«Quand j'ai su, j'ai pensé aux enfants à bord, et je me suis dit qu'il y aurait pu y avoir des morts. J'étais effondré», déclare le fidèle. À ses côtés, l'imam se dit «honteux».

Les migrants entendus font état de sommes pouvant atteindre 10.000 euros; lui déclare que l'acheminement des bateaux ne lui a rapporté que 1.300 euros.

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Des explications «qui ne correspondent pas à la réalité», estime le parquet, qui rappelle que «les écoutes téléphoniques et la géolocalisation montrent que [l'imam] se déplaçait régulièrement du littoral, à proximité des plages où ont été découverts des bateaux et des migrants».

Pointant la «mauvaise foi» des prévenus, l'accusation souligne l'implication du fidèle, qui «recherche de nouveaux bateaux et décide d'augmenter ses tarifs lorsqu'il comprend que les navires sont destinés aux traversées».

«Il a conscience de l'infraction qu'il a commise» et est «choqué par ce qu'il a fait» a déclaré à la presse l'avocate de l'imam, Me Marie-Alice Fasquelle-Leonetti, avant de qualifié la décision de «sévère», compte tenu du fait que l’Iranien «a respecté de façon parfaite son contrôle judiciaire».

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