Ex-analyste du Pentagone: «Les USA voudraient» éviter une guerre «contre l'Iran» qui «ne peut être gagnée»

© AP Photo / Fars News Agency/Mahdi MarizadDes gardes de la révolution islamique et des représentants du clergé iranien marchent sur des drapeaux américain et israélien
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L'armée américaine augmente progressivement ses effectifs au Proche-Orient afin de garantir le transit du pétrole par le détroit d'Ormuz, mais ne souhaite sans doute pas déclencher une guerre sans victoire contre l'Iran, a estimé au micro de Sputnik Karen Kwiatkowski, ex-analyste du Pentagone.

Le déploiement de troupes américaines au Proche-Orient fait partie d'une concentration militaire progressive destinée à préserver les itinéraires de transport et le flux de pétrole, mais il ne s’agit sans doute pas de la préparation d’une guerre contre l’Iran, a déclaré à Sputnik Karen Kwiatkowski, ex-analyste du Pentagone, commentant la situation actuelle dans le détroit d'Ormuz.

«Le Pentagone a compris depuis longtemps qu'aucune guerre terrestre ou aérienne prolongée contre l'Iran ne peut être gagnée, et les États-Unis voudraient l’éviter», a expliqué Mme Kwiatkowski, lieutenant-colonel à la retraite de l'US Air Force et membre de la direction du Pentagone pour le Proche-Orient et l'Asie du Sud (NESA).

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Et de supposer que le récent renforcement des troupes américaines dans cette partie du monde pouvait s'inscrire dans une stratégie des États-Unis à plus long terme.

«Le Pentagone fait souvent preuve d'une stratégie conservatrice et plutôt étrange, qui consiste notamment à rassembler le plus grand nombre de troupes dans un endroit sûr et le plus rapidement possible, avec un minimum de publicité, de commentaires publics et de risque d'embarras», a relevé l’interlocutrice de Sputnik.

Elle a par ailleurs signalé des différences dans les signaux envoyés à Téhéran par Donald Trump et certains de ses conseillers, ainsi que des signes de conflits internes, notamment entre le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton.

«Il y a une tension palpable dans la politique étrangère américaine et des frictions croissantes entre les faucons belliqueux Pompeo et Bolton», a constaté Mme Kwiatkowski qui avait également travaillé par le passé pour l’Agence nationale de la sécurité américaine (NSA).

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Téhéran et Washington se sont approchés encore davantage d’une confrontation totale, après qu’un drone américain a été abattu par les Iraniens, affirmant qu’il avait violé l’espace aérien du pays. Cet incident est survenu peu après le déploiement par le Pentagone de plus de 1.000 soldats dans la région suite aux récentes attaques contre deux pétroliers en mer d'Oman.

Bien qu’au départ le Président états-unien ait déclaré que l'Iran avait commis «une très grosse erreur», il a ensuite confié aux journalistes qu'il doutait que le drone ait été abattu intentionnellement. D’autre part, l'émissaire américain pour l’Iran Brian Hook a déclaré devant le Congrès que le dernier déploiement de troupes au Proche-Orient était un mouvement défensif et qu'aucune opération offensive n'était envisagée.

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