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Londres ferait face à un manque de vivres et de combustible après un Brexit dur

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Le Royaume-Uni risque d’être confronté à une pénurie de produits alimentaires, de médicaments et de combustible et à la hausse du chômage en cas de sortie de l’UE sans accord, d’après un rapport du gouvernement britannique publié par le Sunday Times.

Si Londres se retire de l’UE en octobre selon un scénario «dur» et rétablit la frontière avec l’Irlande, cela risque de provoquer des pénuries, des actions de protestation et la montée de la tension aux frontières, d’après un rapport du cabinet des ministres britanniques publié ce dimanche 18 août par l’édition dominicale du Times suite à une fuite de documents.

Les auteurs du dossier de trois pages, baptisé opération Yellowhammer et destiné à évaluer le niveau de préparation au Brexit sans accord, estiment que la société et les milieux d’affaires britanniques ne sont toujours pas prêts à gérer les conséquences d’une sortie non réglementée de l’UE.

Quels secteurs sont les plus à risque?

Selon ces papiers, les sociétés transportant des marchandises par la Manche vers et depuis l’Europe peuvent notamment être confrontées à des problèmes douaniers et mettront plus de temps pour passer la frontière, ce qui affectera les livraisons de médicaments, y compris de vaccins contre la grippe et d’insuline, et provoquera la montée des prix des services sociaux, d’après le journal qui n’explique pas comment il a pris possession du rapport.

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Le Brexit sans accord peut aussi toucher les livraisons de nourriture, entraînant la montée des prix alimentaires et portant un coup aux «groupes vulnérables» de la population.

Il existe également un risque de pénurie d’eau douce en raison des éventuelles interruptions des importations de produits chimiques de traitement de l’eau, ajoute le journal.

Le rétablissement de la frontière physique et des contrôles entre la nation constitutive britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande risque de provoquer des manifestations et des blocages de routes.

Les projets visant à établir les droits de douane sur l’importation de combustible à 0% après le Brexit peuvent «entraîner la fermeture de deux raffineries de pétrole» britanniques qui ont été converties en terminaux d’importation, la perte de 2.000 emplois, des grèves et une pénurie d’essence, indique le document.

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En plus, des manifestations obligeront le gouvernement à mobiliser des policiers supplémentaires, selon le rapport cité dans le média.

«Une évaluation réaliste»?

«Ce projet n’est pas destiné à effrayer, il s’agit d’une évaluation réaliste de la situation dans laquelle se trouvera la société en cas de "no deal". Ce sont des scénarios probables», a indiqué le Times se référant à une source haut placée au sein du gouvernement.

Le ministre chargé des préparatifs du Brexit sans accord, Michael Gove, a commenté les révélations du Times sur l’opération Yellowhammer:

​«Normalement, nous ne commentons pas les fuites, mais […] Yellowhammer est le pire des scénarios - des mesures importantes ont été prises ces trois dernières semaines pour accélérer la planification du Brexit», a-t-il noté sur Twitter.

La date du Brexit dur approche

Le Royaume-Uni devait quitter l’UE le 29 mars, deux ans après en avoir informé l’Union européenne. Mais la Chambre des communes du parlement britannique a rejeté à trois reprises le projet d’accord sur les modalités du Brexit négocié par Bruxelles et le gouvernement de Theresa May.

L’UE a d’abord accepté de reporter le départ de Londres à avril ou mai, puis au 31 octobre. Theresa May, qui n’a pas réussi à trouver une solution, a dû démissionner. Le nouveau Premier ministre Boris Johnson a promis que le Royaume-Uni sortirait de l’UE le 31 octobre, avec ou sans accord.

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